L’espoir que dans l’avenir tous les chrétiens pourront célébrer Pâques le même jour a été réaffirmé lors d’un séminaire œcuménique international organisé par l’Institut d’études œcuméniques à l’Université catholique d’Ukraine à Lviv le 15 mai.
Le problème est à peu près aussi ancien que l’Eglise elle-même: lorsque le christianisme commença à se répandre dans le monde, les chrétiens arrivèrent à des résultats différents à propos des dates auxquelles il convenait de commémorer la mort et la résurrection de Jésus Christ, en raison de différences entre les récits de ces événements selon les quatre Evangiles.
Les tentatives de fixer une date commune de Pâques commencèrent au Concile de Nicée en 325. Celui-ci établit que la date de Pâques devait être fixée au premier dimanche après la première pleine lune suivant l’équinoxe de printemps. Toutefois, il ne précisa pas la méthode à employer pour calculer le jour de la pleine lune ou celui de l’équinoxe de printemps.
De nos jours, les Eglises orthodoxes prennent en compte le 21 mars du calendrier julien pour calculer la date de l’équinoxe, alors que les Eglises occidentales – des traditions protestante et catholique – fondent leurs calculs sur le calendrier grégorien. La différence qui en résulte entre les deux dates de Pâques peut aller jusqu’à cinq semaines.
Tous les participants et participantes au séminaire de Lviv, qui accueillait des théologiens orthodoxes, catholiques romains et protestants de divers pays européens, ont soutenu le consensus d’Alep, proposé lors d’un colloque organisé par le Conseil œcuménique des Eglises (COE) à Alep, Syrie, en 1997. La proposition consistait à conserver la règle de Nicée, mais à calculer l’équinoxe et la pleine lune en se servant des données astronomiques les plus précises disponibles aujourd’hui, plutôt que de celles datant de nombreuses années.
Concrètement, les participants au séminaire ont exprimé le voeu que les années 2010 et 2011, au cours desquelles les dates de Pâques seront les mêmes par coïncidence des calendriers, soient une période durant laquelle tous les chrétiens joindront leurs efforts pour “faire en sorte qu’une telle coïncidence ne soit pas une exception, mais plutôt la règle” et se préparer à une date de Pâques fondée sur des calculs astronomiques précis et célébrée par tous les chrétiens le 8 avril 2012.
Toutefois, les participants au séminaire, dont le thème était “Une date commune de Pâques est possible”, n’ont pas fermé les yeux sur le fait que le “principal problème” vient “non pas du mode de calcul, mais des relations complexes entre les différentes dénominations chrétiennes et du manque de confiance entre elles né de longues divisions”.
Selon le professeur Antoine Arjakovsky, théologien orthodoxe français, directeur de l’Institut d’études oecuméniques, “il est à noter que, si le calcul astronomique de la règle de Nicée est plus précis dans le calendrier grégorien que dans l’ancien calendrier julien, les Eglises catholique romaine et protestantes ont fait à Alep un pas en direction des Eglises orthodoxes en acceptant de fixer la date de Pâques selon un calendrier cosmique et non au moyen d’une date fixe comme cela avait été proposé avant la rencontre inter-orthodoxe de Chambésy de 1977.”
Les autres orateurs invités à prendre la parole au séminaire œcuménique étaient la pasteure Dagmar Heller, professeure à l’Institut oecuménique de Bossey et secrétaire exécutive de Foi et constitution (COE), le père Milan Zust, jésuite, du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, et le professeur Konstantin Sigov, directeur du Centre Saint-Clément à Kiev, Ukraine.
En plus des étudiants de l’Institut d’études œcuméniques, centre d’études travaillant sous les auspices de l’Université catholique d’Ukraine, de l’Université nationale de Lviv et de plusieurs autres universités européennes, le séminaire réunissait des représentants des principales Eglises chrétiennes de Lviv: les Eglises orthodoxes ukrainiennes des Patriarcats de Moscou et de Kiev ainsi que l’Eglise orthodoxe autocéphale ukrainienne, les Eglises grecque catholique et catholique romaine, l’Eglise apostolique arménienne, et les Eglises baptiste et évangélique.

