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	<title>L’Université Catholique d’Ukraine &#187; Rassemblement œcuménique à Sibiu (2007)</title>
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		<title>La Lumière du Christ et l’Église</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Oct 2007 12:43:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Rassemblement œcuménique à Sibiu (2007)]]></category>

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Le thème de ce troisième rassemblement œcuménique européen, « La Lumière du Christ brille sur tous les humains ... <a class="read-more" href="http://ucu.edu.ua/fr/sibiu-2007/317/" title="La Lumière du Christ et l’Église"></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Texte de l&#8217;intervention du Cardinal Kasper au troisième rassemblement œcuménique européen à Sibiu.</p>
<p>Le thème de ce troisième rassemblement œcuménique européen, « La Lumière du Christ brille sur tous les humains » semble fait sur mesure pour la ville de Sibiu / Hermannstadt. Pendant des siècles, Hongrois, Roumains, orthodoxes, catholiques, gréco-catholiques et chrétiens évangéliques ont vécu ensemble ici, à Siebenbürgen / Transylvanie. Presque toutes les questions oecuméniques d’Europe se reflètent dans la vie de cette région. Ce n’est pas un hasard si Sibiu est l’une des Capitales Européennes de la Culture en 2007.</p>
<p>1. L’histoire complexe de cette région montre que le thème La Lumière du Christ brille sur tous les humains n’est pas un « mets délicat » ; il soulève au contraire des questions qui, à leur tour, suscitent le dissentiment de certains. La lumière du Christ brille-t-elle vraiment sur tous les humains, y compris sur les non chrétiens et les musulmans ? Brille-t-elle sur ceux qui ne savent rien du Christ et sur les nombreux citoyens de l’Europe d’aujourd’hui qui, tout en le connaissant, rejettent son message et – pour reprendre une image biblique – préfèrent les ténèbres à la lumière (Jn 3,19) ? Brille-t-elle même sur ceux qui persécutent Jésus et ses disciples ?</p>
<p>Ce n’est certainement pas un thème léger et anodin. Pourtant, ce n’est pas un thème conçu par quelque brillant comité oecuménique préparatoire ; c’est une citation libre du prologue de l’évangile de Jean où il est question de la lumière véritable qui illumine tout homme, venue définitivement dans le monde en Jésus Christ (Jn 1,9). Jésus Christ a dit de lui-même qu’il est la lumière du monde (Jn 8,12) ; ainsi, d’emblée, il nous faut situer le thème qui nous a été confié « La Lumière du Christ et l’Église » dans le cadre plus vaste de « La Lumière du Christ et le monde ».</p>
<p>De cette façon, nous nous trouvons sur un terrain biblique solide pour développer notre thème, et je voudrais ajouter : nous nous trouvons tous sur le même terrain solide. Car quels que soient les motifs de division entre chrétiens orthodoxes, évangéliques et catholiques, le fait de confesser notre foi en Jésus Christ nous lie les uns aux autres. Comme chrétiens, nous croyons tous qu’en Jésus Christ la lumière de vie nous est donnée, et que cette lumière brille sur nous par le baptême qui nous est commun et que les Pères de l’Église décrivent comme une illumination (photismos). Nous disons tous dans le Credo que nous croyons en Jésus Christ, lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu. Nous croyons tous qu’il est le rédempteur et le sauveur de tous les hommes, le sauveur du monde.</p>
<p>Je crois qu’il est important qu’au début de notre rassemblement, nous ne soyons pas obnubilés par les différences qui existent entre nous, mais que nous pensions aux bases communes de notre foi. L’oecuménisme, ce n’est pas seulement être ensemble. C’est aussi proclamer ensemble notre foi en un seul Dieu, un seul Seigneur Jésus Christ, un seul baptême et une seule Église, à qui nous rendons témoignage dans notre Credo commun. Le mouvement oecuménique est – selon la formule basilaire du Conseil Mondial des Églises – « une communauté fraternelle d’Églises qui confessent le Seigneur Jésus comme Dieu et sauveur&#8230; et s’efforcent de répondre ensemble à leur commune vocation pour la gloire du seul Dieu, Père, Fils et Saint Esprit ». Cette base commune doit être notre point de repère et notre inspiration dans les jours à venir. Sans elle, nous bâtirions sur le sable, ou alors nous bâtirions des châteaux en Espagne.</p>
<p>Le don que nous fait l’oecuménisme est le fait d’avoir reconnu cette proximité basilaire, et d’avoir redécouvert que nous ne sommes pas des étrangers ou des concurrents, mais des frères et des soeurs dans le Christ. Nous ne serons jamais assez reconnaissants pour ce don. Ne permettons en aucun cas que la joie de ce don se ternisse si des divergences ou des problèmes surgissent. Ne nous laissons jamais décourager non plus par ceux que l’oecuménisme dérange. Pour nous, l’oecuménisme est une tâche qui nous est confiée par Jésus Christ, qui a prié « pour que tous soient un » (Jn 17,21) ; mû par le Saint Esprit (Unitatis Redintegratio 1 ; 4), il répond à une nécessité de notre temps. Nous nous sommes tendus la main, et nous ne voulons pas nous éloigner les uns des autres une nouvelle fois.</p>
<p>2. Nous portons ce trésor dans des vases de terre (2Cor 4,7). Tout en ayant le même fondement, Jésus Christ, nous vivons dans des Églises séparées, et cela, contre la volonté et contre le commandement de Jésus. Nous ne devons pas considérer ces divisions entre nous comme quelque chose de normal, nous y habituer ou les minimiser. Elles vont contre la volonté de Jésus, et comme telles, elles sont une expression du péché ; elles sont le signe que nous avons failli à notre tâche historique de témoigner de la lumière du Christ auprès de tous les hommes et de travailler ensemble à l’unité et à la paix entre tous les hommes.</p>
<p>Par nos divisions, nous avons obscurci la lumière de Jésus Christ pour beaucoup d’hommes, et nous leur avons rendu difficile de prendre au sérieux tout ce qui a à voir avec Lui. Comme l’histoire le montre, nos divisions sont en partie responsables des divisions en Europe et de la sécularisation de notre continent. Nos divisions sont en partie responsables du fait que beaucoup d’hommes désespèrent de l’Église et la contestent. Nous ne pouvons donc pas être satisfaits de l’état de nos Églises ; nous ne pouvons pas continuer à prétendre que c’est « dans l’ordre des choses » Il n’existe pas d’alternative responsable à l’oecuménisme. Toute autre solution irait à l’encontre de notre responsabilité envers Dieu et envers le monde. La question de l’unité devrait nous déranger ; elle doit nous embraser.</p>
<p>3. Que faire ? Avant tout traitement, une analyse est nécessaire. Dans un document récent publié par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de mon Église, l’Église catholique a exposé les divergences qui existent malheureusement, et ce faisant, nous a rappelé la tâche qui se présente à nous. Je sais qu’il a heurté beaucoup de personnes, et en particulier beaucoup de mes frères et soeurs évangéliques. Je ne suis pas insensible à cela ; à moi aussi, il a créé des problèmes. Car les blessures et les douleurs de mes amis sont aussi les miennes. Il n’était pas dans notre intention de blesser ou rabaisser qui que ce soit. Nous voulions rendre témoignage à la vérité, comme nous nous attendons à ce que d’autres Églises le fassent, et comme certaines le font déjà. Les déclarations que font les autres Églises ne sont pas toujours à notre goût, comme ne l’est pas non plus ce qu’elles disent parfois de nous. Mais que devons nous attendre ? Un oecuménisme douillet et un oecuménisme faux, consistant uniquement à être aimables les uns envers les autres, ne nous mènerait pas loin ; le seul moyen d’avancer est le dialogue dans la vérité et la clarté.</p>
<p>Ce qui est important, bien entendu, c’est qu’au-delà des différences et de ce qu’on pourrait appeler les « profils », nous ne perdions pas de vue ce que nous avons en commun, qui est considérable et qui est aussi le plus important. Cela est dit clairement dans le document en question. Il y est dit expressément que Jésus Christ est également présent de façon salvifique dans les Églises et les communautés ecclésiales qui sont séparées de nous. Ce n’est pas peu de chose. Il y a quelques décennies, une telle affirmation eut été totalement inconcevable, et je ne suis pas sûr que tous nos partenaires oecuméniques diraient la même chose de nous. Donc les différences n’affectent pas notre qualité de chrétien ; elles n’affectent pas la question du salut ; les différences sont liées à la question de la médiation du salut et à la forme visible de l’Église. Pour les catholiques et pour les orthodoxes, ces questions sont loin d’être secondaires. Car en vertu d’une analogie, l’Église est comparée au mystère du Verbe incarné (LG 8). Elle est visible comme Église, visible aussi comme institution. Qui pourrait nier, hélas !, qu’aucun consensus n’a encore été trouvé entre nous sur cette question ?</p>
<p>Ce point, qui est le vrai noeud gordien, n’a malheureusement pas encore été résolu. Puisque nous ne faisons pas un dans la façon dont nous concevons l’Église et, dans une large mesure, l’Eucharistie, nous ne pouvons pas nous réunir autour de la seule table du Seigneur pour manger le seul pain eucharistique et boire à la seule coupe eucharistique. C’est blessant, et pour beaucoup, c’est un grand poids. Mais il ne sert à rien de cacher les blessures ; nous devons au contraire les découvrir, même si c’est douloureux ; ainsi seulement, nous pourrons les soigner et, avec l’aide de Dieu, les guérir.</p>
<p>4. Après cette analyse, je voudrais maintenant dire quelques mots au sujet du traitement. Ne faisons pas faire retomber sur les autres tout le blâme pour les souffrances terribles qui ont déjà résulté de nos divisions. Toutes les commissions historiques qui se sont réunies ces dernières années ont montré que, dans la grande majorité des cas, les imputations unilatérales de ne résistaient pas à une enquête historique ; la faute se trouve généralement des deux côtés. Cela, nous devons l’admettre honnêtement, et demander pardon à Dieu et à nos frères et soeurs. Un nouveau commencement n’est possible qu’à partir d’une purification de la mémoire. Il ne peut pas y avoir de progrès oecuménique sans conversion et sans repentance. Cela demande une disponibilité au renouveau et à la réforme nécessaires dans chaque Église, pour lesquels chaque Église doit commencer par elle-même.</p>
<p>Dans nos efforts pour surmonter les divisions et parvenir à un consensus, la méthode utilisée jusqu’à présent, consistant à souligner les points de convergence, s’est révélée fructueuse et a conduit à des progrès sur nombre de points autrefois controversées. Je pense par exemple à l’accord basilaire sur la doctrine de la justification. Mais avec le temps, cette méthode a perdu son efficacité ; aujourd’hui, nous n’avançons plus guère sur cette voie. Pour moi, ce n’est pas une raison pour se résigner. Nous pouvons nous présenter notre position actuelle les uns aux autres d’une façon honnête et attrayante. Nous pouvons le faire d’une façon positive, c’est-à-dire d’une façon qui ne soit ni polémique, ni étroite. Nous pouvons le faire dans l’espoir qu’un « échange de dons » – comme disait le Pape Jean Paul II – devienne ainsi possible. Autrement dit, nous pouvons apprendre les uns des autres. Au lieu de nous en tenir au plus petit commun dénominateur, nous pouvons nous enrichir mutuellement des trésors qui nous ont été donnés.</p>
<p>En cours de route, beaucoup de choses positives ont aussi eu lieu durant les dernières décennies. Nous les catholiques, avons appris des évangéliques sur le sens de la Parole de Dieu ; de leur côté, ils sont en train d’apprendre de nous sur le sens et la forme de la liturgie. Catholiques et évangéliques sont redevables à leurs Églises soeurs orthodoxes d’un sens plus vivant du mystère ; ainsi, par exemple, l’amour des icônes grandit en Occident. Ce ne sont là que quelques exemples parmi tant d’autres. Nous ne nous connaissons pas encore assez, et de ce fait, nous ne nous aimons pas encore assez.</p>
<p>Bien entendu, nous devons être conscients qu’à la fin, ce n’est pas nous qui réaliserons l’unité ; elle ne peut pas être notre oeuvre. Elle est un don de l’Esprit de Dieu ; lui seul peut réconcilier les coeurs. Nous devons prier pour que cet Esprit d’unité nous soit donné. C’est pourquoi l’oecuménisme spirituel est au centre et au coeur de l’oecuménisme (UR 8).</p>
<p>5. L’unité de l’Église n’est pas une fin en soi. Nul ne vit pour lui-même, pas même l’Église. Jésus a prié pour que tous soient un, afin que le monde croie (Jn 17,21). L’unité des chrétiens est ordonnée à l’unité du monde, et dans notre situation particulière, au processus d’unification de l’Europe. C’est la lumière du Christ qui a uni l’Europe et l’a rendue grande. On trouve des figures d’une grande sainteté à l’origine et tout au long de l’histoire européenne : Martin et Benoît. Cyrille et Méthode, Ulrich, Adalbert, des femmes comme Élisabeth de Hongrie et de Thuringe, Edwige de Pologne, Silésie et Allemagne, Brigitte de Suède, et bien d’autres. On ne pourrait guère concevoir l’Europe sans les Réformateurs, sans Jean Sébastien Bach, ou sans des témoins comme Dietrich Bonhoeffer.</p>
<p>Ceux qui remettent en question les racines chrétiennes de l’Europe devraient être invités à faire un voyage depuis Gibraltar à travers l’Espagne, la France, l’Allemagne, la Scandinavie et la Pologne jusqu’en Estonie, ou encore de Rome via Constantinople et Kiev jusqu’à Moscou. Ils rencontreraient des peuples très différents et entendraient parler les langues les plus diverses, mais partout, ils trouveraient la croix et, au centre de toutes les villes anciennes, une cathédrale. On ne peut contester les racines chrétiennes de l’Europe que si on ferme les yeux. Même dans les temps modernes, les racines chrétiennes de l’Europe ont continué à donner du fruit. L’idée moderne de la dignité de la personne humaine et de l’universalité des droits humains a son origine dans la tradition judéo-chrétienne. Nous ne devons donc pas rejeter la modernité en bloc ; nous devons plutôt la protéger de l’autodestruction.</p>
<p>Malheureusement, l’Europe a souvent trahi sa mission : par tant de guerres entre des peuples chrétiens, par le pillage colonial et l’assujettissement d’autres peuples, par deux terribles guerres mondiales au siècle dernier, par deux dictatures ennemies de Dieu et de l’homme, par l’holocauste de six millions de juifs au coeur de l’Europe. Aujourd’hui, l’Europe court le risque non seulement de trahir, mais – de façon plus banale – d’oublier ses idéaux. Le plus grand risque, ce ne sont pas les objections de l’athéisme, mais l’oubli de Dieu, un oubli transgresse les commandements de Dieu, fait d’indifférence, de superficialité, d’individualisme et du manque de volonté de travailler pour le bien commun et de faire des sacrifices pour cela. C’est un peu comme si nous dansions sur un volcan ou sur un baril de poudre. Les nouveaux défis sont clairs depuis longtemps aux yeux de tous nos contemporains attentifs. Je n’en citerai que quelques-uns : la revendication de justice dans un monde globalisé où trop souvent l’injustice crie vengeance, la menace provenant d’un terrorisme implacable, la rencontre avec l’islam, que l’on espère pacifique, mais qui doit aussi être nécessairement sincère.</p>
<p>Une religiosité vague, insipide, ne nous mènera nulle part. Les chrétiens n’ont jamais été sauvés en s’adaptant au monde. « Ne vous conformez pas à ce siècle, mais transformez-vous par le renouvellement de votre entendement », nous dit l’Apôtre Paul (Rm 12,2). Une nouvelle évangélisation est nécessaire. Ce qu’il nous faut, c’est la nourriture solide d’une foi engagée et vécue. Car l’Europe ne peut pas être uniquement une entité économique et politique ; pour avoir un avenir, l’Europe a besoin d’une vision commune et d’un ensemble de valeurs basilaires communes. L’Europe, c’est-à-dire nous les chrétiens d’Europe, devons enfin nous réveiller ; l’Europe doit revendiquer son histoire et ses valeurs, des valeurs qui l’ont rendue grande dans le passé et qui sont la seule chose qui puisse lui donner un nouvel avenir. Telle est notre tâche commune.</p>
<p>Notre but est l’unité de l’Europe, pas son uniformité. La diversité des cultures est une richesse. Mais ce qui nous unit, c’est l’idée de la dignité que Dieu donne à chaque personne, de la sainteté de la vie, du vivre-ensemble dans la justice et la solidarité, avec le souci de la création, et dans une nouvelle culture de miséricorde et d’amour.</p>
<p>Nous devons tous être des signes, des témoins et des instruments de ces choix dans l’esprit de l’Évangile. Nous devons donc respecter l’altérité des autres religions, mais avoir aussi le courage de notre propre altérité. Nous devons avoir le courage de revendiquer notre différence comme chrétiens, de témoigner la lumière du Christ qui brille sur tous les hommes, et de l’apporter au monde qui en a un besoin si urgent. Car qui a rien de mieux à nous donner ? Où pourrions-nous trouver sinon les paroles de la vie éternelle ? (cf. Jn 6,68).</p>
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		<title>Déclaration des jeunes délégués de toute l’Europe présentée au troisième Rassemblement œcuménique européen (ROE3)</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Oct 2007 07:51:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Rassemblement œcuménique à Sibiu (2007)]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p>Cette déclaration a été approuvée au cours de la  réunion des jeunes délégués qui s’est tenue du 27 au 30 juillet 2007 à  Saint-Maurice (Suisse) et au cours de l’audience des jeunes délégués,  lors du ROE3 le 5 septembre 2007.</p>
<p>Les jeunes chrétiens représentent le renouveau vivant du processus  conciliaire pour la justice, la paix et l’intégrité de la création. Les  résultats du ROE2 (Graz, 1997) doivent être mis en œuvre et faire  l’objet d’une réflexion approfondie au cours du ROE3, la Charta  Oecumenica étant prise comme fondement. Ainsi, nous recommandons aux  délégués les engagements suivants :</p>
<p>Unité<br />
Unité ne signifie pas uniformité, mais peut exister en tant qu’unité  dans la diversité. Nous nous engageons à rencontrer les autres  dénominations et traditions, notre esprit et notre cœur ouverts. Exemple  d’unité, le Mouvement œcuménique des jeunes, qui réunit des jeunes de  toutes les Eglises derrière Jésus Christ. Ces jeunes femmes et hommes ne  sont pas l’avenir des Eglises, ils sont leur présent.</p>
<p>Spiritualité<br />
Nous reconnaissons la spiritualité en tant qu’expression de la foi sous  toutes ses formes. Nous nous engageons à entamer un dialogue ouvert  entre partenaires égaux concernant la spiritualité, en prenant en  considération le fait que la diversité de la vie spirituelle est un  important pilier de la religion, pas seulement pour les jeunes.</p>
<p>Témoignage<br />
Nous demandons aux Eglises de cesser de se concurrencer et de commencer à  vivre véritablement l’Evangile. Car nous ne témoignons pas des  dynamiques de pouvoir de nos Eglises, mais du Christ.<br />
Nous nous engageons à ne pas mettre l’accent sur la controverse entre  témoignage verbal et non-verbal : l’action et la parole devraient aller  de pair.</p>
<p>Europe<br />
Toute personne est créée par Dieu et, en tant que telle, a une dignité  et de la valeur. Ainsi, nous insistons pour que les Eglises européennes  et les Etats européens militent pour la protection des droits de la  personne. Il s’agit d’une base pour modeler une Europe qui serait  conforme aux besoins des gens.</p>
<p>Migration<br />
La migration est un phénomène qui doit être reconnu et considéré à la  lumière de la dignité humaine, de l’hospitalité et du droit à la liberté  de mouvement. Toutefois, la mobilité et la liberté de mouvement restent  un privilège propre aux habitants des pays de l’Union européenne (EU).  Nous nous engageons à nous opposer aux barrières (restrictions de visas,  différences sociales et limites financières) pour les personnes  provenant des pays de l’UE et hors de l’UE et à permettre et encourager  un dialogue équitable, œcuménique et européen.</p>
<p>Religions<br />
La diversité de religions a façonné la coexistence des êtres humains en  Europe. Nous nous engageons à considérer Sibiu comme point de départ  d’un dialogue interreligieux renouvelé. L’issue de ce processus sera  marquée par une déclaration commune similaire à la Charta Oecumenica.</p>
<p>Création<br />
Dieu est le créateur du monde dans lequel nous vivons et dont nous  faisons partie. Pourtant, au lieu de vivre de manière responsable, nous –  à travers un mode de vie non durable – contribuons à l’évolution  désastreuse de l’environnement, notamment du climat.<br />
Nous nous engageons à repenser notre mode de vie conformément au  témoignage biblique. Des mesures concrètes doivent être prises, comme  l’achat des produits issus du commerce équitable, l’utilisation des  énergies renouvelables, la réduction de nos émissions de carbone et le  passage à un modèle de consommation plus durable.</p>
<p>Paix<br />
La paix n’est pas un concept simple – elle peut être vécue au niveau  personnel, au niveau de l’Eglise et dans les relations entre Eglises ou  Etats. La paix concerne avant tout l’attitude personnelle : si notre âme  n’est pas en paix, nous ne pouvons pas réaliser la paix avec les  autres.<br />
Nous nous engageons à nous attaquer à la question du commerce des armes,  qui est soutenu silencieusement, et à exercer une pression constante  sur les entreprises d’armement. Nous exigeons la création d’une Agence  européenne de la paix, comme pendant aux agences militaires européennes.</p>
<p>Justice<br />
En tant qu’éléments de la société, les Eglises font également partie de  systèmes d’injustice.<br />
Nous nous engageons à considérer les demandes et les besoins de nos  voisins qui aspirent à davantage de justice partout dans le monde, à  plaider à haute voix contre les politiques oppressives de migrations et  la suprématie des pays industrialisés dans les interactions mondiales et  à promouvoir des chances égales d’éducation pour chaque homme et femme  comme base pour l’affirmation de soi.</p>
<p>Nous insistons pour mener un suivi et une mise en œuvre véritables de  ces engagements et y œuvrer en tant qu’obligations envers nous-mêmes,  délégués du ROE3 et organes décisionnaires des Eglises. Il ne s’agit là  pas seulement de conditions préalables à la motivation et au travail à  venir des jeunes œcuménistes ; ces engagements démontrent la loyauté du  mouvement œcuménique.</p>
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		<title>Espérance pour le renouvellement et l’unité de l’Europe.</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Oct 2007 07:47:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Rassemblement œcuménique à Sibiu (2007)]]></category>

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Les chrétiens d’Europe ont une grande occasion ces jours-ci, celle de  ... <a class="read-more" href="http://ucu.edu.ua/fr/sibiu-2007/158/" title="Espérance pour le renouvellement et l’unité de l’Europe."></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Texte de l&#8217;intervention du professeur Andrea  Riccardi, fondateur de San Egidio, au troisième rassemblement œcuménique  à Sibiu</p>
<p>Les chrétiens d’Europe ont une grande occasion ces jours-ci, celle de  regarder ensemble notre continent dans le monde, s’ils ne prennent pas  cette assemblée de Sibiu pour un fait rituel. Il y a dix ans, à Graz, le  mur était tombé depuis peu, ce fut l’assemblée chrétienne de l’Europe  réunifiée. Quel enthousiasme ! Le monde a changé aujourd’hui. Le futur  apparaît moins enthousiasmant. Ça et là on respire un sentiment de  scepticisme sur cette assemblée : à quoi sert-elle ? Des questions  considérables se posent à nous. C’est le monde qui nous les pose et elle  nous contraignent à regarder au delà de nous : comment renouveler la  vie de l’Europe, avancer dans l’unité, être dans le monde une présence  humaine et évangélique…et puis quel sera le monde de demain (ce sera  sûrement un monde moins européen et moins dominé par l’Europe). Par  contre on se limite souvent à ne regarder que notre propre pays ou notre  communauté. Chaque communauté a ses problèmes évidemment. Mais cela ne  suffit pas. Les défis d’aujourd’hui se dessinent sur des horizons bien  plus vastes. Le monde globalisé nous demande d’ouvrir grand les yeux.  Cela ne veut pas dire qu’il faut réduire notre horizon aux modèles d’une  culture mondialisée. Il y a besoin d’un regard chrétien, audacieux  comme celui des premières générations chrétiennes, capable de sortir du  particularisme qui nous pousse à avoir peur du monde et à nous méfier de  la force de l’Évangile. Jésus, près du puits de Jacob, en Samarie, dit  aux disciples qui échangeaient des propos sans importance : « Levez les  yeux et regardez les champs, ils sont blancs pour la moisson » (Jean  4,35). Je voudrais essayer de lever les yeux et de regarder les champs  du monde. J’aimerais le faire, conscient des limites de mon expérience,  de chrétien européen, d’historien, de voyageur de l’histoire du monde,  amené à connaître, surtout à travers l’expérience de la Communauté de  Sant’Egidio, bien des terres de pauvreté. En faisant la comparaison avec  d’autres parties du monde, l’Europe riche en ressources saute aux yeux.  Je pense surtout à la paix : l’héritage précieux de soixante années de  paix. Au vingtième siècle, l’entre-deux-guerres n’a duré que vingt ans.  La guerre a recommencé en 1939. Moi, un italien, né en 1950 – je révèle  ainsi mon âge-, au long de ma vie, je n’ai jamais connu la guerre dans  mon pays. Ce n’est pas la même histoire que celle de mes parents ou de  mes grands-parents. C’est le grand don de la paix.<br />
Après le gouffre de la deuxième guerre mondiale, les Européens ont  finalement compris combien se battre est stupide ! Que d’années volées à  des femmes, des enfants, des hommes, par des guerres stupides, par des  violences inouïes, par des massacres ! Après l’abîme de la deuxième  guerre mondiale, les Européens ont compris : jamais plus les uns contre  les autres et de plus en plus les uns avec les autres ! Voilà comment  naît le processus d’unification européenne, malgré les incertitudes et  les réticences. L’année 1989 a effacé l’héritage de division de 1945. La  libération du communisme s’est faite par une force non armée qui  faisait face à des régimes fondés sur la violence et la coercition.  Malheureusement les guerres ont éclaté aussi en ex Yougoslavie.<br />
Mais aujourd’hui, dans notre continent, la paix règne ainsi qu’un  bien-être généralisé (très développé dans certains pays, avec des  couches de pauvreté plus ou moins étendues). La paix et le bien-être…La  paix européenne peut sembler normale aux jeunes, mais elle est  extraordinaire dans notre histoire séculaire.  Elle est une bénédiction  de Dieu et un don saint !<br />
Mais que faire de cet héritage de paix ? On a la tentation de le  dissiper comme on dissipe un héritage : oui, la tentation de le dissiper  dans la renaissante passion nationaliste. C’est une position  anti-historique : la plupart des pays européens, petits ou moyens, ne  peuvent affronter seuls les grands défis du monde, la relation avec les  économies et les civilisation des grands pays asiatiques comme la Chine  et l’Inde. Les passions nationalistes rendent aveugles sur la réalité.  Elles s’inspirent moins aujourd’hui de la volonté de dominer les autres  et surtout du désir de ne vivre que pour soi.<br />
On dissipe cette paix qui est l’héritage de tant de souffrances et de  peines du vingtième siècle dans une Europe forteresse, qui érige des  murs le long de ses frontières. Mais si on érige des murs pour se  défendre, les démons du vingtième siècle reprendront le dessus, les  démons des luttes fratricides. Les murs naissent de la peur d’un monde  devenu trop grand, avec trop de protagonistes, dynamiques et forts.  Notre histoire européenne n’a pas été celle d’une forteresse mais celle  d’une extraversion de notre continent : un continent qui s’est uni au  monde asiatique, à l’Afrique et au Moyen Orient à partir de la  Méditerranée, qui s’est penché sur les horizons atlantiques. Une  histoire de conquêtes avec l’impérialisme avec des conséquences  négatives ; une histoire missionnaire.<br />
L’Europe ne peut pas se transformer en île protégée comme une  forteresse. Nous Européens sommes tentés d’abandonner l’histoire en  disant que nous allons commettre le mal comme autrefois. Nous sommes  inquiets. Nous ne sommes plus ce que nous étions. Nous assistons à un  déclin : les projections démographiques le prouvent. Les chrétiens  européens en 2025 seront moins nombreux dans leur ensemble que les  chrétiens africains ou latino-américains. En outre les visions du futur  se sont vidées. La politique est souvent réduite au réalisme du  gouvernement financier. Au cours de ces dernières décennies, l’Europe a  vu les idées politiques et sociales s’épuiser : l’utopie, l’idéologie  marxiste, l’idée de changer la société…On pense au futur de manière plus  prudente.<br />
Il y a trente ans, Jean-Paul II, élu pape, dit avec une force  prophétique : « N’ayez pas peur ». Il répéta avec une nouvelle  conviction l’ancienne invitation pascale. Cette phrase revient dans  toute la Bible, parce que la peur pétrit une grande partie de l’histoire  de l’homme et des peuples. Renoncer à agir dans le vaste monde et  ériger des murs ne fait pas passer la peur. La drogue nationaliste de  l’orgueil de notre civilisation ne la dissipe pas non plus. Ce n’est pas  en identifiant des ennemis à l’horizon que l’on trouve le courage  d’être soi même : un choix souvent facile qui fait du christianisme la  bannière sous laquelle on se range contre d’éventuels ennemis. Nous  Européens ne sommes pas aujourd’hui ce que nous fûmes, mais ce n’est pas  une raison pour céder à l’emprise de passions trompeuses ou pour nous  dérober à l’histoire. Nous ne sommes pas ce que nous fûmes, mais que  serons nous ?<br />
Nous serons ce que nous femmes et hommes seront capables de vivre et de  communiquer. L’Europe est titubante et épouvantée : riche de paix et de  bien-être. Et nous Chrétiens européens ? Une lampe sur nos pas est la  Parole du Seigneur : écouter la Parole nous indique un chemin. Jésus dit  aux femmes au tombeau : « Ne craignez point, vous : je sais bien que  vous cherchez Jésus, le Crucifié » (Mt 28,6). Qui cherche Jésus, le  crucifié s’affranchit de la peur. Au vingtième siècle c’est ce que  firent les nouveaux martyrs : les nombreux martyrs en Russie (une  mémoire qui inspire le respect à l’égard des Chrétiens russes), à l’Est,  (je pense à l’Albanie qui a tant souffert), en Espagne, sous le  nazisme, en mission hors de l’Europe. La recherche de Jésus le crucifié  leur a donné une force humble face à des pouvoirs dominants : une force  faible. L’Europe, au vingtième siècle, alors qu’elle s’occupait de  fonder des ordres nouveaux, a connu une saison de martyrs.<br />
La recherche de Jésus crucifié, vécue par les Chrétiens, peut faire  basculer la culture de la peur, la dissipation de la paix, du bien-être,  de la liberté. Martin Buber affirmait avec sagesse : « Commencer par  soi même : c’est la seule chose qui compte…le point d’appui d’Archimède à  partir duquel je peux aussi soulever le monde est la transformation de  moi-même ». L’homme spirituel commence par soi mais ne renonce pas à  soulever le monde. Le chemin de la conversion. Soulever le monde  commence par le cœur. Soulever le monde du mal, de la misère qui règne  encore dans l’Europe riche où on a oublié la parole « justice », de  celle qui règne dans le Sud du monde, de la violence répandue, de la  guerre…<br />
Des hommes et des femmes spirituels ne renoncent pas à soulever le  monde. Le providentialisme économique ne suffit pas à tracer le futur.  Nous avons assez des idéologies. Un christianisme réduit à une idéologie  ne suffit pas. On a besoin d’une vie débordante de foi et d’amour dans  cette Europe pauvre de visions pour le futur. L’apôtre Paul témoigne aux  Corinthiens la pierre d’angle de la vie chrétienne : « Car l’amour du  Christ nous presse, à la pensée que, si un seul est mort pour tous,  alors tous sont morts. Et il est mort pour tous, afin que les vivants ne  vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité  pour eux » (2 Cor 5,14-15).<br />
Ce que nous proposons et que nous proposons à l’Europe c’est de ne plus  vivre pour soi. La Parole de Dieu nous propose la pensée qui nous  inquiète et qui inquiète la culture européenne : que les vivants, ne  vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité  pour nous ! Les Chrétiens doivent se libérer de la peur et de l’avarice  insatiable (quelles qu’en soient les raisons) qui nous font vivre pour  nous-mêmes, impuissants, renfermés, aux prises avec nos petites disputes  familiales, jouissant d’un présent riche en bien-être et en paix, sans  nous soucier de ceux qui hors de l’Europe vivent sans paix et n’ont pas  une vie digne. Saurons-nous mettre en crise la culture et l’habitude de  pays et de communautés qui ne vivent que pour soi ? Saurons-nous les  attirer à la joie d’être finalement de vrais hommes et femmes ? Le grand  maître juif Hillel disait : « s’il t’arrive de te retrouver dans un  milieu dépourvu d’hommes, efforce toi d’être un homme » .<br />
Efforce toi d’être homme, humain ! Cela affaiblira le Politically  Correct d’une vie dépensée pour soi-même, l’Europe forteresse, la myopie  égoïste de nations européennes refermées sur elles-mêmes.<br />
Que veut dire aider l’Europe à ne pas vivre pour elle-même? C’est avoir  la capacité de vaincre la tentation nationaliste. En 1968, dans ses  dialogues avec le patriarche Athénagoras, Olivier Clément, un des grands  Chrétiens européens de notre temps, observait déjà les débuts d’un  processus de mondialisation : « d’une part… l’avènement de l&#8217;homme  planétaire, dans une histoire qui devient mondiale : de l&#8217;autre… chaque  peuple s’accroche à son originalité… ». Et le patriarche, père de  l’œcuménisme du 20e siècle, lui répondait : « Nous chrétiens devons nous  situer à la jonction de ces deux mouvements, pour tenter de les  harmoniser… Églises sœurs, peuples frères : tels devraient être notre  exemple et notre message ». Ne pas vivre pour soi-même, c’est se situer à  la jonction et trouver le point d’équilibre pacifique entre  l’unification globalisante et le particularisme grandissant. Cela  rappelle aux États européens qu’ils ne peuvent pas vivre de leur seul  avenir national : il y a un processus d’unification à mener.  Aujourd’hui, on craint de perdre quelque chose ; mais demain, les États  européens se perdront s’ils restent seuls. Or, l’unification européenne  n’est pas une bureaucratie ou une construction sans âme, sans passion.<br />
Des chrétiens qui vivent en frères (c’est l’œcuménisme) doivent être  l’âme de peuples européens plus unis. Il y a tant de sceptiques de  l’œcuménisme. Et ce, pour différentes raisons. Mais l’unité des  chrétiens est un commandement du Seigneur. Peut-on renoncer au  commandement de l’amour sous prétexte que les hommes aujourd’hui se  haïssent encore? Nous avons besoin les uns des autres. L’œcuménisme est  échange de dons. Comme chrétien occidental, je peux dire combien nous  avons reçu de la diffusion de l’icône en Occident, combien nous pouvons  recevoir de la liturgie et de la spiritualité de l’Orient. Il y a un  lien profond, mystérieux, de la paix et de l’unité des chrétiens avec la  paix du monde et son unité.<br />
En voyageant, je sens une question adressée à l’Europe. N’est-ce pas un  appel ? Par deux fois au cours du 20e siècle, la guerre européenne est  devenue mondiale. La paix européenne peut être contagieuse dans le  monde. Aujourd’hui, dans la mentalité commune, la guerre est réhabilitée  comme instrument pour résoudre les problèmes. Elle est acceptée comme  la compagne naturelle de l’histoire. Un petit nombre de personnes –voyez  le terrorisme- peut mener la guerre et faire souffrir beaucoup de  monde. La violence, avec la diffusion massive d’armes est souvent la  compagne de la vie, dans un monde qui, pour la première fois dans  l’histoire, précisément en cette année 2007, voit la population urbaine  dépasser celle des campagnes. Or, la guerre et la violence sont  l’expression du mal !<br />
Les chrétiens européens ont une responsabilité de paix dans le monde.  C’est une mission rendue entre autre possible en raison des ressources  de notre continent. On peut vaincre les démons de la guerre. Les  chrétiens ont une force de paix. Je le dis en partant de l’expérience de  la Communauté de Sant’Egidio en Afrique (par exemple la réalisation de  la paix au Mozambique, après une guerre qui a fait un million de morts).  Aujourd’hui, tout le monde peut travailler pour la paix, pas seulement  les grands États. L’Europe qui, avec ses conflits, est à l’origine de  deux guerres mondiales, ne devrait-elle pas être à l’origine de la paix  dans le monde? C’est à nous chrétiens de le demander à nos  gouvernements. C’est à nous en effet de découvrir notre pouvoir de  libérer les peuples du mal de la guerre. C’est une terrible maladie qui  peut être guérie.<br />
Une Europe qui ne vit pas pour elle-même ne peut pas oublier l’Afrique,  même si en Roumanie, elle peut sembler lointaine. Son avenir est lié à  celui de l’Europe. Aujourd’hui, l’Afrique est terre de douleurs, de  maladies et de violence, mais elle est aussi terre de nouveaux  expansionnismes comme l’expansionnisme chinois avec sa proposition de  capitalisme et d’autoritarisme. De grands Européens ont montré que  l’Europe et l’Afrique ont un destin commun : je pense à Albert  Schweitzer, théologien, exégète, mais aussi médecin, qui consacra une  grande patrie de sa vie aux malades africains. Aujourd’hui, les trente  millions de séropositifs au VIH/SIDA nous inquiètent. Une grande partie  d’entre eux ne peuvent être soignés à cause du prix élevé des  médicaments, alors que désormais le SIDA se soigne dans toute l’Europe.  Cela fait preuve d’une indifférence honteuse de la part de l’Europe, qui  fait bonne chère alors que Lazare meurt à sa porte. Il meurt malade. Il  meurt de faim et de manque d’eau. Dans notre monde, un milliard de  personnes n’ont pas accès à l’eau potable et cette situation entraîne  tous les ans la mort de 1 800 000 enfants suite à des maladies  intestinales.<br />
La justice ne peut être absente de notre prophétie. C’est un mot dont on  a perdu, après tant d’utilisations politiques, l’écho profondément  biblique. Mais Jésus en parle dans les Béatitudes, en portant un regard  d’amour vers ceux qui en sont assoiffés. La justice doit inquiéter les  politiques économiques de nos pays, où il y a trop de pauvres ; elle  doit inquiéter les relations économiques entre nous et avec le monde,  avec l’Afrique. Oui, l’Afrique doit être pensée en même temps que  l’Europe, parce qu’elle est un banc d’essai de la moralité de la  politique internationale.<br />
Un grand pape, Paul VI, écrivait il y a quarante ans : « C’est un  humanisme planétaire qu’il faut promouvoir ». Et il observait : « Notre  monde est malade. Son mal réside moins dans la dilapidation des  ressources ou dans leur accaparement de la part de quelques-uns, que  dans le manque de fraternité entre les hommes et entre les peuples ».  L’Europe –c’est notre instinct de croyants- peut retrouver sa place dans  le monde en travaillant pour un humanisme planétaire. C’est pourquoi  nous devons être audacieux, mais aussi croyants et frères.<br />
Le christianisme occidental doit faire revivre son amour pour le Sud du  monde. Le christianisme oriental – je pense au christianisme russe  jusqu’au cœur de l’Asie- a une histoire avec l’Est et le Moyen Orient.  Les communautés chrétiennes, fortes de leur histoire, peuvent s’engager  avec audace à faire renaître la fraternité entre les peuples en Europe  et bien au-delà. L’Europe n’a-t-elle pas aujourd’hui la possibilité  d’être un agent de fraternité entre les peuples? Les Chrétiens européens  n’ont-ils pas la responsabilité de parcourir cette voie ?<br />
De la vie de femmes et d’hommes spirituels en Europe peuvent jaillir :  un humanisme planétaire, des initiatives de paix et de solidarité, une  méditation savante sur le monde et capable de regarder le monde comme la  maison commune des peuples et des hommes. Du reste, les changements  climatiques (dont tous perçoivent désormais les effets) montrent combien  la terre est une maison commune. Cela confirme également le drame du  prélèvement annuel de ressources naturelles dont le volume dépasse de  25%, la capacité de régénération de la terre. De plus en plus, le destin  des peuples est lié entre eux comme dans une maison commune : ce fut la  perception profonde de la vision des pères.<br />
Dès 1989, le patriarcat œcuménique a voulu que le 1er septembre, début  de l’année liturgique, devînt aussi la fête de la création, où les  chrétiens évoquent la création qui souffre les douleurs de  l’enfantement. Ce premier septembre marque également le début de la  seconde guerre mondiale, quand, en 1939, la Pologne fut envahie par  l’armée nazie et que l’Europe tomba dans l’abîme. Nous portons les  douleurs de la création et la guerre, mère de tant de douleurs et de  tant de pauvreté, dans la prière et dans la liturgie. D’une Église qui  écoute la Parole de Dieu, qui prie, qui reconstruit l’unité brisée, naît  un nouveau regard sur le monde, un sentiment d’amour responsable qui  devient mission et nous fait vivre une vie ouverte aux autres. Un  humanisme naît qui peut devenir planétaire. L’Europe d’aujourd’hui n’est  plus celle d’autrefois ; mais elle peut être meilleure que celle  qu’elle fut pour elle-même et pour les autres.<br />
Nous pouvons soulever le monde, c’est-à-dire les hommes et les peuples,  de l’esclavage de la guerre et de la pauvreté, de la prison d’une vie  vécue pour soi-même, en ouvrant notre cœur à l’Évangile, en nous  unissant à la prière de l’Église, en regardant nos frères avec amour.  Saint Séraphin de Sarov enseignait avec beaucoup de sagesse : « acquiers  la paix en toi-même et des milliers autour de toi trouveront le salut  ». La voie du cœur et la voie de l’amour qui pacifie, guérit, fait  renaître, ne sont qu’une même voie, humble et forte : celle d’un  chrétien, d’un peuple chrétien, qui apprend du Seigneur crucifié à ne  pas vivre pour lui-même.</p>
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		<title>Aujourd’hui nombreux sont ceux qui reconnaissent, même sans être croyants, que le christianisme est une source puissante de cohésion pour la civilisation européenne</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Oct 2007 07:46:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Rassemblement œcuménique à Sibiu (2007)]]></category>

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		<description><![CDATA[Discours du métropolite Cyrille de Smolensk et de  Kaliningrad, Président du Département des relations extérieures du  patriarcat de Moscou au troisième rassemblement œcuménique à Sibiu
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Discours du métropolite Cyrille de Smolensk et de  Kaliningrad, Président du Département des relations extérieures du  patriarcat de Moscou au troisième rassemblement œcuménique à Sibiu</p>
<p>Béatitude, Éminence, Excellence, chers pères, frères et sœurs,<br />
Le sujet de notre assemblée plénière d’aujourd’hui – La lumière du  Christ est l’Église – est très familier pour nous, orthodoxes.  L’avènement du Seigneur Jésus-Christ est pour les chrétiens la  manifestation de la lumière. L’apothéose de cette manifestation est la  transfiguration du Seigneur sur le Mont-Thabor en présence de ses  disciples : « Et il fut transfiguré devant eux : son visage resplendit  comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière (Mt  17, 2.) ». Dans la théologie orthodoxe, la question de la lumière du  Thabor a été développée dans l’enseignement sur les énergies divines  incréées par lesquelles Dieu se manifeste. Selon Saint Grégoire Palamas  et ses disciples, la lumière divine que les apôtres ont contemplée au  Thabor est Dieu lui-même qui se révèle dans sa création à ceux dont les  yeux du cœur sont purs et ouverts à la perception de cette lumière. La  lumière divine peut être contemplée par les yeux du corps, aussi bien  que par le regard intérieur propre au cœur de l’homme. Elle est la  manifestation visible de la grâce et de l’énergie de Dieu : « La lumière  véritable qui éclaire tout homme venant dans ce monde (Jn 1, 9.)».  L’homme, étant l’image et la ressemblance de Dieu (Gn 1, 26-27), est  capable de percevoir et de refléter la lumière divine dans sa vie.<br />
La communion à la lumière signifie la fidélité aux commandements du  Seigneur, l’adhésion au message du Christ. Le Christ est la Lumière. Il  est aussi le Logos. C’est pourquoi, la lumière véritable est le Verbe  adressé à la raison de l’homme et comportant un défi intellectuel. « Le  Fils de Dieu est venu et nous a donné l’intelligence afin que nous  connaissions le Véritable. Nous sommes dans le Véritable, dans son Fils  Jésus-Christ1» (Jn 5, 20.), dit l’apôtre Jean dans sa première épître.  La parole de Dieu conservée par l’Église est le fondement de la  Tradition qui est une notion fondamentale aussi bien dans la théologie  orthodoxe que dans la vie des chrétiens orthodoxes. La Tradition n’est  pas simplement un ensemble de textes et de pratiques des siècles  précédents, mais la lumière qui illumine le cœur et l’esprit des hommes  et des femmes. Ce n’est pas seulement un mode de penser, mais un mode de  vie. La Tradition n’est pas de l’archaïsme, mais la vie même de  l’Église dont la source est la lumière du Christ.<br />
La tradition orthodoxe distingue entre deux aspects de la lumière :  lumière en tant que grâce par laquelle Dieu se communique au monde et  agit dans le monde, et lumière en tant que parole de vérité. Cependant,  il ne s’agit pas de deux lumières distinctes, mais de l’unique lumière  qui se manifeste de différentes façons. La connaissance de la vérité est  impossible sans la communion à la vie de Dieu que le Christ nous a fait  découvrir et dont l’évangile de Saint Jean dit : « Ce qui fut en lui  était la vie, et la vie était la lumière des hommes» (Jn 1, 4). L’esprit  ne peut être éclairé si l’être tout entier de l’homme n’est pas  illuminé par la lumière du Christ. C’est le véritable sens de  l’illumination. Cette illumination qui comporte la connaissance de la  vérité et la communion à la vie éternelle est atteinte dans l’Église.  C’est dans l’Église que la lumière de la grâce et la lumière de la  vérité sont unies et inséparables, constituant une seule réalité.  L’Église est le réceptacle de la lumière qui brille bien au-delà de ses  frontières, illuminant tout homme « venant dans ce monde» (Jn 1, 9).  Cette propriété de la lumière qui est la grâce de l’Esprit Saint, c’est  elle que l’apôtre et évangéliste Jean désignait, en disant que «  l’Esprit souffle où il veut» (Jn 3, 8). Nous ne limitons pas l’éclat de  la lumière du Christ aux frontières de l’Église, mais croyons fermement  que la source de cette lumière se trouve dans l’Église qui est le Corps  du Christ (Cf. Col 1, 24).<br />
Cette conception de la lumière nous inspire le respect des autres  traditions et expériences religieuses et nous rappelle en même temps les  paroles de l’Évangile : « Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ;  celui qui ne croira pas, sera condamné » (Mc 16, 16). C’est dans cet  esprit que nous menons le dialogue interreligieux et nous le considérons  important non seulement pour une meilleure connaissance des autres  traditions religieuses, mais aussi pour une meilleure compréhension de  notre propre foi.<br />
L’enseignement du Christ est la lumière qui rend manifeste et visible ce  qui auparavant était obscur. Il permet d’avoir une conception vraie de  Dieu, de l’homme et du monde. Certes, l’homme acquiert d’importantes  connaissances en scrutant lui-même sa propre nature et celle du monde,  mais un tel savoir ne peut ouvrir de perspectives qui dépassent l’homme.  Si nous admettons qu’il existe une vie supérieure à la nature humaine,  elle ne peut être connue que si elle se révèle elle-même aux hommes.  L’homme aurait été incapable de voir sa propre forme s’il n’y avait pas  de lumière dont la source lui est extérieure. L’idée contemporaine sur  la complémentarité du savoir scientifique et du savoir religieux qui est  née dans certains milieux savants rend vaine toute opposition entre la  science et la foi. Elle suppose aussi que pour édifier sa vie  personnelle et sociale l’homme a autant besoin de la religion que de la  science.<br />
Aujourd’hui, plus que jamais, le christianisme souhaite soutenir les  recherches scientifiques et les appliquer dans la vie concrète. Mais,  avant tout, les Églises chrétiennes sont soucieuses de préserver leur  propre message qui a été transmis aux hommes par le Seigneur  Jésus-Christ et de le voir mis en pratique dans la vie de nos  contemporains. Nous savons de notre histoire que cette tâche n’a jamais  été simple. Les faiblesses humaines ont parfois conduit aux divisions,  aux oppositions et même aux guerres fratricides. Pendant le premier  millénaire, les chrétiens ont cherché à exprimer le plus exactement  possible dans la langue humaine les vérités divines qui leur étaient  révélées dans l’évangile du Christ. Aujourd’hui elles sont exposées de  manière concise dans le symbole de foi de Nicée-Constantinople. Certes,  il existe actuellement dans le monde chrétien des divergences dans la  façon de comprendre les fondements de la foi. Cependant, on peut dire  avec assurance que jusqu’à naguère tous les chrétiens avaient la même  vision de l’homme et de sa vie réglée par les normes éthiques.  Aujourd’hui, cette unité est également détruite. Certaines communautés  chrétiennes ont unilatéralement revu et continuent à revoir les normes  de vie contenues dans l’Écriture Sainte.<br />
Pourquoi ce phénomène a lieu de nos jours, au début du XXIe siècle ?  Pourquoi l’idée de l’évolution des normes morales est-elle devenue si  populaire dans certains milieux chrétiens ? D’abord, la théologie qui  considère le salut de l’homme comme le résultat de la foi seule,  indépendamment de son état moral, est prédisposée à une telle évolution.  Mais, à mon avis, il s’agit plutôt de l’influence de l’esprit  irréligieux de ce monde. Il existe une coïncidence révélatrice entre la  nouvelle approche morale de certains milieux chrétiens et le paradigme  de la société séculière postmoderne. Dans un sens large, le postmoderne  signifie la compatibilité des opinions et des approches en principe  incompatibles. Peut-être, une telle vision est-elle justifiée dans  certaines parties de la société, mais elle ne peut trouver de  justification dans le domaine de la morale chrétienne. Les croyants ne  peuvent reconnaître en même temps la valeur de la vie et le droit à la  mort, la valeur de la famille et les unions du même sexe, les droits de  l’enfant et la possibilité de détruire les embryons humains à des fins  médicales.<br />
Pourtant, une telle approche est répandue non seulement chez certaines  personnes, c’est-à-dire comme opinion privée, mais est imposée  progressivement à tous les citoyens par des normes législatives de  certains pays européens et des organisations internationales. Les  orthodoxes des pays de l’Est qui ont connu l’expérience de vivre dans  des États totalitaires, perçoivent aujourd’hui des tendances menaçantes  dans l’évolution du pouvoir politique. Depuis longtemps, les chrétiens  connaissent le principe exprimé par saint Augustin : « Dans les choses  nécessaires l’unité, dans les choses douteuses la liberté, en toute  chose la charité ». La divergence entre les chrétiens et les non  croyants réside aujourd’hui dans la conception de ce qui est nécessaire  et de ce qui est douteux. C’est ce qui nous fait peur, parce que les  chrétiens souhaitent pouvoir suivre leur propre morale. S’ils sont  obligés par les pouvoirs publics à devenir coresponsables des actes qui  vont à l’encontre de leur foi et de leur éthique, ils auront du mal à  percevoir un tel pouvoir comme amical et acceptable.<br />
Quelle est la raison de cette incompatibilité entre la position  chrétienne et le relativisme éthique ? Elle découle de la foi en ce que  dans le Christ a été révélé la vérité divine sur l’homme et le sens de  sa vie. Le refus de cette vérité signifie la mort de l’homme et du  monde. L’Église n’enseigne pas sa propre vision de Dieu et de l’homme  qui lui serait bénéfique pour telle ou telle raison, comme le ferait un  parti politique, mais elle proclame la vérité qui lui a été révélée par  Dieu. Si un savant qui découvre une nouvelle loi de la nature a le droit  de défendre sa théorie, combien plus l’Église a-t-elle le droit de  défendre la vérité éternelle.<br />
Pour nous, chrétiens, il doit être évident que le Christ a manifesté au  monde la divinité et l’humanité véritables. La plénitude de la nature  humaine s’est révélée dans le Christ. Même Pilate l’a reconnu, en disant  : « Voici l’homme» (Jn 19, 5). La nature humaine manifestée dans le  Christ n’a plus besoin d’évoluer, elle doit seulement devenir celle des  autres hommes. Tout ce que nous pouvons dire de l’homme a été révélé  dans le Christ. Les discussions concernant l’essence de l’homme ont pris  fin il y a deux mille ans. Par conséquent, l’idée de l’évolution des  normes morales, populaire dans certains milieux chrétiens, est une  servilité envers l’esprit de ce monde qui aujourd’hui est à l’origine du  paradigme postmoderne. En effet, la vie dans l’Église comporte des  usages qui évoluent en fonction des conditions culturelles,  géographiques et historiques, mais il existe des notions fondamentales  de la nature humaine qui sont immuables.<br />
La défense d’une morale sociale unique et des valeurs chrétiennes dans  l’Europe actuelle est aujourd’hui impossible si les chrétiens des  principales confessions, malgré leurs divergences doctrinales, ne  réunissent pas leurs efforts. La vieille notion d’ « œcuménisme » ne  convient plus tout à fait à cette nouvelle tâche. Nous pensons que la  solidarité chrétienne fondée sur l’éthique unique et immuable de  l’Évangile et le témoignage commun des valeurs chrétiennes au monde sont  peut-être la dernière chance pour les chrétiens de redonner une âme à  l’Europe grâce aux efforts communs. C’est la raison pour laquelle les  communautés chrétiennes doivent soutenir les unes les autres, conserver  des liens d’amitié, échanger leurs expériences, parler d’une voix unique  au monde extérieur, avoir des projets sociaux communs. L’Église russe  sait par son expérience d’existence dans le contexte du totalitarisme ce  que signifie la solidarité chrétienne en Europe. Cette solidarité  continue à agir aujourd’hui. De nombreuses Églises nous ont adressé des  messages fraternels à l’occasion du rétablissement de l’unité entre le  patriarcat de Moscou et l’Église russe hors frontières. Nous nous  sentons solidaires des autres chrétiens face aux défis contemporains du  sécularisme, de l’absence de la dimension spirituelle, de la pauvreté et  de l’intégrisme. Nous avons un héritage chrétien commun et de ce fait  pouvons trouver des réponses communes à ces défis plus facilement  qu’avec des hommes d’autres religions ou d’autres philosophies. Je suis  convaincu que la solidarité face aux défis actuels communs insufflera  une nouvelle force aux relations entre chrétiens en Europe, redonnera  l’intérêt pour le dialogue théologique et les recherches de l’unité  ordonnée par Dieu à ces communautés chrétiennes où cet intérêt s’était  estompé.<br />
En défendant les normes éthiques communes, les chrétiens doivent  chercher à avoir des rapports avec les représentants d’autres religions  qui ont des positions morales proches de celles du christianisme. C’est  pourquoi le développement des relations interreligieuses est important  en Europe et dans le monde. Malgré toutes leurs différences, les  religions traditionnelles ont la vision commune de la priorité des  valeurs éternelles par rapports aux valeurs passagères terrestres. Cela  permet de faire face ensemble aux menaces contre l’organisation éthique  de la vie humaine. Le sommet des chefs religieux qui s’était déroulé à  Moscou en juillet 2006, devenu une des plus importantes manifestations  interreligieuse en Europe, a montré que les représentants des  principales traditions religieuses ont des positions éthiques proches.  Tous ont fait part de leur inquiétude concernant le relativisme éthique  qui domine souvent aujourd’hui.<br />
Les chrétiens peuvent trouver également un certain soutien auprès des  personnes non croyantes qui défendent les valeurs éthiques proches du  christianisme. Ce fait n’a rien de surprenant, dans la mesure où  l’apôtre Paul écrivait déjà dans sa lettre aux Romains que si les païens  écoutent la voix de leur conscience, ils peuvent accomplir la loi de  Dieu (Cf. Rm 2, 14-15). Autrement dit, les chrétiens doivent coopérer  avec toutes les forces de bonne volonté pour trouver et préserver dans  la société un accord sur les normes morales. Pour parvenir à cet  objectif les communautés chrétiennes doivent travailler avec l’opinion  publique et soutenir un dialogue avec les structures nationales et  internationales. En plaidant pour une morale unique dans la sphère  publique, les chrétiens doivent laisser à tout homme la possibilité  d’organiser leur vie selon les valeurs que leur conscience leur dicte.  Nous n’avons qu’à suivre dans ce domaine une autre parole de l’apôtre  Paul : « Toi, qui es-tu pour juger un serviteur d’autrui ? Qu’il reste  debout ou qu’il tombe, cela ne concerne que son maître ; d’ailleurs, il  restera debout, car le Seigneur a la force de le soutenir» (Rm 14, 4).  Que les autres approches, différentes de la morale sociale, demeurent  dans le domaine privé. Elles ne doivent ni être persécutées ni être  imposées ou présentées comme des normes de la sphère publique.<br />
Aujourd’hui nombreux sont ceux qui reconnaissent, même sans être  croyants, que le christianisme est une source puissante de cohésion pour  la civilisation européenne. Cette conscience est revenue en Europe  depuis qu’elle a dû faire face aux défis des autres civilisations. Pour  survivre dans le monde contemporain, l’Europe doit demeurer un continent  chrétien. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de place pour les hommes  d’autres religions ou d’autres philosophies. Il s’agit de la  reconnaissance du rôle du christianisme dans le passé, le présent et  l’avenir de notre continent. Une telle reconnaissance dépend en grande  partie de la capacité des chrétiens eux-mêmes à préserver leur identité  dans un monde multiculturel qui évolue à une grande vitesse et de leur  fidélité au Christ.<br />
« Ainsi votre lumière doit-elle briller devant les hommes afin qu’ils  voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux  » (Mt 5, 16). Le monde peut voir, accepter et glorifier le Père céleste  si la lumière que répandent ses fidèles est celle de son Fils.</p>
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		<title>Message final du 3ème rassemblement œcuménique européen, Sibiu, Roumanie, 4 – 9 septembre 2007 : La lumière du Christ illumine tous les humains</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Sep 2007 08:40:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Rassemblement œcuménique à Sibiu (2007)]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous, pèlerins chrétiens de toutes régions d’Europe  et au- delà, témoignons du pouvoir transformateur de cette lumière, qui  est plus forte que les ténèbres et nous la proclamons ... <a class="read-more" href="http://ucu.edu.ua/fr/sibiu-2007/186/" title="Message final du 3ème rassemblement œcuménique européen, Sibiu, Roumanie, 4 – 9 septembre 2007 : La lumière du Christ illumine tous les humains"></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignright size-full wp-image-187" title="Message final du 3ème rassemblement œcuménique européen, Sibiu, Roumanie, 4 – 9 septembre 2007 : La lumière du Christ illumine tous les humains" src="http://ucu.edu.ua/fr/files/2010/05/ucu.edu_.ua_19.jpg" alt="Message final du 3ème rassemblement œcuménique européen, Sibiu, Roumanie, 4 – 9 septembre 2007 : La lumière du Christ illumine tous les humains" width="150" height="112" />Nous, pèlerins chrétiens de toutes régions d’Europe  et au- delà, témoignons du pouvoir transformateur de cette lumière, qui  est plus forte que les ténèbres et nous la proclamons  comme l’espérance  qui porte toutes les Eglises, toute l’Europe et le monde entier.</p>
<p>C’est au nom du Dieu trinitaire, Père, Fils et Saint Esprit, que nous  nous sommes rassemblés dans la ville de Sibiu en Roumanie, du 4 au 9  septembre 2007. Ce troisième rassemblement œcuménique européen a été  particulièrement marqué par la richesse de la spiritualité et de la  tradition orthodoxe. Nous nous rappelons et nous renouvelons les  engagements sérieux déjà pris à Bâle et à Graz et nous regrettons que  jusqu’à ce jour nous ayons été incapables de réaliser certains d’entre  eux. Toutefois notre confiance en l’énergie transformatrice de la  lumière du Christ est plus forte que la nuit de la résignation, du  fatalisme, de la peur et de l’indifférence.</p>
<p>Notre 3ème rassemblement œcuménique  européen a commencé en 2006 à Rome  et s’est poursuivi en 2007 à Wittenberg. Ce pèlerinage œcuménique  comportait plusieurs rencontres régionales, ainsi que celles des Eglises  Orthodoxes et des jeunes à St Maurice*.  C’est avec joie que nous  recevons l’engagement des jeunes et leur contribution à cette Assemblée.  Notre Assemblée, motivée et  soutenue par la Charta Oecumenica a  poursuivi le travail commencé lors des assemblées précédentes, elle a  été l’occasion d’un échange de dons et d’enrichissement mutuel.</p>
<p>Nous ne sommes pas seuls dans ce pèlerinage. Le Christ  est avec nous et  dans la nuée des témoins (Heb 12 :1) et les martyrs de notre temps nous  accompagnent : le témoignage de leur vie et de leur mort nous inspirent  individuellement et collectivement. En communion avec eux, nous nous  engageons nous-même à laisser la lumière du Christ transfiguré rayonner  sur notre propre témoignage profondément enraciné dans la prière et  l’amour. Ceci est humble réponse au sacrifice de leurs vies.</p>
<p>La lumière du Christ dans l’Eglise</p>
<p>La lumière du Christ nous conduit à vivre pour les autres et en  communion les uns avec les autres. Notre témoignage rendu à l’espoir et à  l’unité pour l’Europe et pour le monde ne sera crédible que si nous  continuons notre chemin vers l’unité visible. Unité ne signifie pas  uniformité. Il y a une immense valeur à renouveler l’expérience de cette  koinonia et l’expérience de ces dons spirituels qui ont donné l’élan au  mouvement oecuménique depuis ses débuts.</p>
<p>A Sibiu, nous avons à nouveau ressenti la plaie ouverte de la division  entre nos Eglises. Cela touche même à notre compréhension de l’Eglise et  à son Unité. Les développements historiques et culturels spécifiques   de la chrétienté orientale et occidentale ont contribué à ces  différences et les comprendre demande toute notre attention et un  dialogue continu.</p>
<p>Nous sommes convaincus que la famille chrétienne élargie devra traiter  les questions doctrinales et aussi chercher un large consensus sur les  valeurs éthiques inspirées par l’Evangile, ainsi qu’un style de vie  chrétien crédible porteur d’un témoignage joyeux à la lumière du Christ  dans ce monde moderne sécularisé, tant dans la vie privée que publique.</p>
<p>Notre spiritualité chrétienne est un trésor précieux : découvert, il  révèle la variété de ses richesses et ouvre nos cœurs à la beauté du  visage de Jésus et à la force de la prière. Ce n’est qu’en nous  rapprochant de notre Seigneur Jésus Christ que nous pourrons nous  rapprocher les uns des autres et faire l’expérience d’une véritable  koinonia.  Nous nous devons de partager ses richesses avec tous les  hommes et toutes les femmes qui cherchent la lumière sur ce continent.  La spiritualité des hommes et des femmes commence par leur propre  conversion ce qui conduit à la transformation du monde. Notre témoignage  à la lumière du Christ est un engagement fidèle à écouter, vivre et  partager nos récits de vies et d’espoirs qui ont fait de nous des  disciples du Christ.</p>
<p>Recommandation I : Nous recommandons de renouveler notre mission de  croyant individuel et que les Eglises proclament Christ Lumière et  Sauveur du monde .<br />
Recommandation II : Nous recommandons que se poursuivent les discussions  sur la reconnaissance mutuelle du baptême , prenant en considération  les acquis importants à ce sujet dans plusieurs pays et sachant que  cette question est profondément liée à la compréhension de  l’eucharistie, du ministère et de l’ecclésiologie en général ;<br />
Recommandation III : Nous recommandons de trouver des moyens pour faire  expériences d’activités pouvant nous unir : la prière les uns pour les  autres, et pour l’unité, les pèlerinages œcuméniques, la formation  théologique et l’étude en commun, les initiatives sociales et  diaconales, les projets culturels visant à soutenir la vie en société  basée sur les valeurs chrétiennes.<br />
Recommandation IV : Nous recommandons la pleine participation de tout le  peuple de Dieu et relevons à cette Assemblée en particulier, l’appel  des jeunes, des personnes âgées, des minorités ethniques et les  personnes a capacités différentes.</p>
<p>La lumière du Christ pour l’Europe</p>
<p>Nous considérons que tout être humain et créé à l’image et à la  ressemblance de Dieu. (Gen. 1 :27) et qu’il mérite le même degré de  respect et d’amour en dépit de différence de foi, de culture, d’âge, de  genre ou d’origine ethnique du début de la vie jusqu’à la mort  naturelle. Convaincus que nos racines communes sont beaucoup plus  profondes que nos divisions,  nous cherchons le renouveau, l’unité et le  rôle des Eglises dans la société européenne de notre temps. Nous avons  centré notre attention sur les personnes représentants d’autres  religions. Conscients en particulier de notre relation unique avec les  juifs en tant que peuple de l’Alliance nous rejetons toutes formes  d’anti-sémitisme contemporain, avec eux nous voulons œuvrer à une  Europe, continent libéré de toutes formes de violences. Notre histoire  européenne à connu des périodes de durs conflits, mais aussi des époques  de co-existence pacifiques entre les personnes de toutes religions.  Aujourd’hui il n’y a pas d’alternative au dialogue : non pas en vue d’un  compromis, mais pour un dialogue de vie ou nous pouvons dire la vérité  dans l’amour.  Nous devons tous apprendre à mieux connaître les  religions et les recommandations de la Charta Oeucumenica devrait être  développées dans ce sens. Nous en appelons aux autres chrétiens et à  tous ceux qui croient en Dieu à respecter le droit à la liberté  religieuse des autres. Nous exprimons notre solidarité aux communautés  chrétiennes qui vivent au Moyen Orient, en Irak et ailleurs dans le  monde en tant que minorités religieuses et qui se sentent menacées dans  leur existence-même.</p>
<p>En rencontrant le Christ dans nos sœurs et frères dans le besoin (Mt 25  :44-45), et illuminés ensemble par la Lumière du Christ, et conformément  aux exhortations bibliques concernant l’unité de l’humanité (Gen 1  :26-27), nous nous engageons, en tant que chrétiens, à nous repentir du  péché de l’exclusion ; à approfondir notre compréhension de l’  ‘altérité’, à défendre la dignité et les droits de chaque être humain et  d’assurer la protection de toutes les personnes qui en ont besoin ; à  partager la Lumière du Christ apportée par d’autres personnes à l’Europe  ; d’en appeler aux Etats européens de mettre fin à la détention  administrative injustifiables des migrants, de faire tout effort pour  obtenir une immigration légale, l’intégration des migrants, des réfugiés  et des demandeurs d’asile, préserver la valeur de l’unité de la famille  et de lutter contre le trafic d’êtres humains et l’exploitation des  personnes qui en sont les victimes. Nous appelons les Eglises à  renforcer leur accompagnement pastoral pour les immigrés vulnérables.</p>
<p>Recommandation V : Nous recommandons que nos Eglises reconnaissent que  les immigrés chrétiens ne sont pas simplement des bénéficiaires  d’accompagnement religieux, mais qu’ils peuvent jouer un rôle actif et  plein dans la vie de l’Eglise et de la société ; qu’elles offrent un  meilleur accompagnement pastoral pour les migrants, les demandeurs  d’asile et les réfugiés ; et qu’elle promeuvent les droits des minorités  ethniques en Europe, notamment du peuple rom.</p>
<p>Beaucoup d’entre nous sont reconnaissants pour les changements profonds  dont nous avons fait l’expérience en Europe au cours des dernières  décennies. L’Europe est davantage que l’Union européenne. Comme  chrétiens, nous partageons la responsabilité pour façonner l’Europe  comme continent de paix, de solidarité, de participation et de  durabilité. Nous apprécions l’engagement des institutions européennes,  notamment de l’UE, du Conseil de l’Europe et de l’OSCE pour un dialogue  ouvert, transparent et régulier avec les Eglises de l’Europe. Les  représentants politiques les plus imminents de l’Europe nous ont honorés  de leur présence en exprimant ainsi un fort intérêt pour notre travail.  Nous sommes devant le défi d’apporter nos forces spirituelles dans ce  dialogue. L’Europe était à l’origine un projet politique pour garantir  la paix et elle doit maintenant devenir une Europe des peuples plutôt  qu’un espace économique.</p>
<p>Recommandation VI : Nous recommandons de développer la Charta Oecumenica  comme une ligne directrice stimulante pour notre chemin œcuménique en  Europe.</p>
<p>La Lumière du Christ pour le monde entier</p>
<p>La Parole de Dieu nous dérange et dérange notre culture européenne :  ceux qui vivent ne devraient plus vivre pour eux-mêmes mais pour celui  qui est mort pour eux et qui a été ressuscité ! Les chrétiens devraient  être libérés de la peur et de l’avarice insatiable qui nous poussent à  vivre pour nous-mêmes, impuissants, étroits d’esprit et recroquevillés  sur nous-mêmes. La Parole de Dieu nous invite à éviter de gaspiller le  précieux héritage de ceux qui pendant les dernières soixante années ont  œuvré pour la paix et l’unité en Europe. La paix est un don  extraordinaire et précieux. Des pays entiers aspirent à la paix. Des  peuples entiers attendent d’être délivrés de la violence et de la  terreur. Nous nous engageons fortement en vue d’efforts renouvelés pour  attendre ces objectifs. Nous rejetons la guerre comme instrument pour la  résolution de conflits et nous promouvons les moyens non-violents pour  la résolution des conflits. Nous nous sentons concernés par le  réarmement militaire. La violence et le terrorisme au nom de la religion  constituent un déni de la religion.</p>
<p>La Lumière du Christ rayonne sur le mot ‘justice’ en le liant à la  miséricorde<br />
divine. Ainsi éclairée, elle échappe à toute prétention ambivalente. A  travers le monde et même en Europe, l’actuel procès de la globalisation  radicale du marché approfondit la division de la société humaine entre  gagnants et perdants, en diminuant la valeur de nombreuses personnes, a  des effets écologiques catastrophiques et vu sous l’angle du changement  climatique, ce processus n’est pas compatible avec la sauvegarde de  l’avenir de notre planète.</p>
<p>Recommandation VII : Nous demandons vivement à tous les chrétiens  européens d’accorder un soutien fort aux objectifs de développement du  Millénium décrété par les Nations Unis comme mesure urgente en vue d’un  allègement de la pauvreté.<br />
Recommandation VIII : Nous recommandons qu’un processus consultatif soit  initié par la CCEE et la CEC, ensemble avec les Eglises en Europe et  avec les Eglises d’autres continents, qui étudie la responsabilité  européenne pour la justice écologique, pour faire face à la menace du  changement climatique ; la responsabilité européenne pour une juste  régulation de la globalisation ; les droits du peuple rom et d’autres  minorités ethniques en Europe.</p>
<p>Plus que jamais, nous reconnaissons aujourd’hui que l’Afrique, un  continent déjà très lié à notre propre histoire et avenir, connaît un  niveau de pauvreté qui ne saurait nous laisser indifférents et passifs.  Les blessures de l’Afrique ont touché le cœur de notre Assemblée.</p>
<p>Recommandation IX : Nous recommandons d’appuyer des initiatives pour la  remise de la dette et pour la promotion du commerce équitable.</p>
<p>Par un dialogue sincère et objectif, nous contribuons à et promouvons la  création d’une Europe renouvelée o ù des principes chrétiens et des  valeurs éthiques inchangeables provenant directement de l’Evangile  servent comme témoignage et favorisent un engagement actif dans la  société européenne. Notre tâche consiste à promouvoir ces principes et  valeurs non seulement en privé mais aussi en public. Nous allons  collaborer avec des personnes d’autres religions qui partagent notre  souci de créer une Europe des valeurs, qui prospère également sur le  plan politique et économique.</p>
<p>Préoccupés par la création de Dieu, nous prions pour une plus grande  sensibilité et un meilleur respect de  sa merveilleuse diversité. Nous  oeuvrons contre son exploitation sans honte dont « toute la création  attend la rédemption » (Rom 8 :22) et nous nous engageons à travailler  pour la réconciliation entre l’humanité et la nature.</p>
<p>Recommandation X : Nous recommandons de réserver la période du 1er  septembre au 4 octobre à la prière pour la protection de la création et  la promotion de styles de vie durables qui fait reculer notre  contribution négative au changement climatique.<br />
******</p>
<p>En exprimant notre reconnaissance à toutes les personnes ayant contribué  à ce chemin parcouru ensemble, notamment la jeune oikumene qui a  demandé avec instance à cette Assemblée d’être courageuse en mettant  l’Evangile en action, nous nous unissons dans la prière :</p>
<p>O Christ, Lumière véritable, qui illumine et sanctifie tout être humain  venant dans ce monde, fais luire sur nous la lumière de ta présence,  afin qu’en elle, nous puissions capter la lumière inapprochable, et  guide nos pas pour l’œuvre de tes commandements. Sauve-nous et  conduis-nous vers ton royaume éternel. Car tu es notre Créateur qui  pourvoit et qui nous donne tout ce qui est bon. Notre espoir est en toi  et à toi nous donnons la gloire, maintenant et toujours. Amen.</p>
<p>* Le message de St. Maurice est joint.</p>
<p><em>Relations inter-confessionnelles</em></p>
<li><a href="http://antoinearjakovsky.blogspirit.com/">http://antoinearjakovsky.blogspirit.com/</a></li>
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		<title>Œcuménisme en Ukraine</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Sep 2007 08:40:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Evénements]]></category>
		<category><![CDATA[Rassemblement œcuménique à Sibiu (2007)]]></category>

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		<description><![CDATA[A l’occasion du 3e Rassemblement œcuménique de Sibiu  un séminaire s’est déroulé au sein de la faculté de théologie orthodoxe  roumaine sur la situation de l’œcuménisme en Ukraine.
Les ... <a class="read-more" href="http://ucu.edu.ua/fr/chronicles/188/" title="Œcuménisme en Ukraine"></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A l’occasion du 3e Rassemblement œcuménique de Sibiu  un séminaire s’est déroulé au sein de la faculté de théologie orthodoxe  roumaine sur la situation de l’œcuménisme en Ukraine.</p>
<p>Les intervenants étaient les suivants : Mgr Bohdan Dzurach, évêque  grec-catholique de Kyiv, père Iwan Dacko (Institut d’études œcuméniques,  Lviv), Myroslav Marynovytch (vice-recteur Université Catholique  d’Ukraine), Oleh Tury (Institut d’histoire de l’Eglise, UCU) et Ihor  Shaban (Eglise grecque catholique d’Ukraine). Lors de la discussion est  également intervenu  Mgr Philippe de Poltava et de Krementchuk  (archevêque de l’Eglise Orthodoxe Ukrainienne, patriarcat de Moscou). Il  était accompagné du père Olexandr Bilokur, représentant officiel de  l’Eglise orthodoxe ukrainienne pour l’œcuménisme, et de représentants de  l’Eglise russe du patriarcat de Moscou.</p>
<p>Le principal point de friction entre les deux délégations catholique et  orthodoxe consiste dans leur statut d’appartenance.</p>
<p>Les représentants de l’Eglise Orthodoxe ont insisté sur le fait qu’ils  représentaient l’Eglise Orthodoxe ukrainienne tout en rappelant qu’ils  considéraient l’Eglise grecque catholique d’Ukraine comme une partie de  l’Eglise catholique romaine. Les représentants de l’Eglise grecque  catholique ukrainienne ont souligné quant à eux d’une part qu’ils  représentaient une Eglise sui iuris en communion avec Rome, et d’autre  part que dans le programme officiel du rassemblement de Sibiu la  délégation ukrainienne était incluse au sein du patriarcat de Moscou.</p>
<p>Les représentants des deux Eglises ont cherché cependant à trouver des  points de consensus et de collaboration. Mgr Philippe de Poltava s’est  montré tout à fait favorable à une coopération entre grecs-catholiques  et orthodoxes dans la promotion de l’enseignement de l’éthique  chrétienne dans les écoles. Le père Iwan Dacko a quant à lui expliqué  que l’Institut d’études œcuméniques avait créé une Société Académique  Chrétienne en Ukraine qui pourrait précisément servir de ponts entre les  théologiens et les universitaires des deux Eglises.</p>
<p>Le cardinal Peter Erdö, président du CCEE, avait dans son discours  d’ouverture signalé les problèmes en Europe entre catholiques orientaux  et orthodoxes. Et il avait ajouté ‘l’Europe centrale et orientale est  une région où les peuples ont déjà tant souffert, ils auraient tant  besoin aujourd’hui d’une inspiration chrétienne dans la société.’</p>
<p>Tout l’enjeu par conséquent aujourd’hui est de convaincre les Eglises de  ces régions qui craignent d’être emportés par le vent de la modernité.</p>
<p><em>Relations inter-confessionnelles</em></p>
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		<title>Troisième Rassemblement œcuménique chrétien européeen à Sibiu</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Sep 2007 08:41:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Evénements]]></category>
		<category><![CDATA[Rassemblement œcuménique à Sibiu (2007)]]></category>

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		<description><![CDATA[Du 4 au 9 septembre se tient à Sibiu (Roumanie) le 3e  Rassemblement œcuménique européen.
Organisé par la CEC (Conférence des Eglises Européennes) et le CCEE  (Conseil des Conférences ... <a class="read-more" href="http://ucu.edu.ua/fr/chronicles/189/" title="Troisième Rassemblement œcuménique chrétien européeen à Sibiu"></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignright size-full wp-image-190" title="Troisième Rassemblement œcuménique chrétien européeen à Sibiu" src="http://ucu.edu.ua/fr/files/2010/05/ucu.edu_.ua_20.jpg" alt="Troisième Rassemblement œcuménique chrétien européeen à Sibiu" width="150" height="112" />Du 4 au 9 septembre se tient à Sibiu (Roumanie) le 3e  Rassemblement œcuménique européen.</p>
<p>Organisé par la CEC (Conférence des Eglises Européennes) et le CCEE  (Conseil des Conférences Episcopales d’Europe), cette manifestation va  réunir plus de 2500 délégués appartenant aux diverses familles  chrétiennes européennes (catholiques, orthodoxes, protestants,  anglicans, etc…) et quelques 80 journalistes. C’est la première fois  qu’une assemblée œcuménique de cette importance se tient dans un pays de  tradition chrétienne à majorité orthodoxe. Les Eglises orthodoxes ont  déjà déclaré à Rhodes en juin dernier qu’elles participeront activement à  cette assemblée et que « malgré les difficultés encore non résolues  (…), les Eglises doivent délivrer un témoignage en commun clair…basé sur  la foi commune en la Trinité et en l’action salvifique de Jésus Christ  ». Le probable successeur du patriarche Théoctiste, chef de l’Eglise  orthodoxe roumaine décédé récemment, le métropolite Daniel de Moldavie  sera présent tout comme le patriarche œcuménique Bartholomée Ier  d’Istanbul.</p>
<p>L’enjeu principal du rassemblement est de populariser auprès des  européens les progrès significatifs du mouvement œcuménique réalisés  depuis dix ans : déclaration d’Augsbourg sur la Justification en 1999  mettant fin à la cause principale du conflit de la Réforme entre  catholiques et protestants, accords de communion de Reuilly en 2000  rendant possible la reconnaissance mutuelle des ministères entre les  Eglises protestantes et anglicanes, déclaration de Magdebourg en juin  2007 sur la reconnaissance mutuelle du baptême entre toutes les  confessions chrétiennes en Allemagne, etc… La tâche ne sera pas aisée  dans la mesure où un nombre croissant de chrétiens ont tendance  actuellement à se replier sur leurs identités confessionnelles et sur  leurs traditions à mesure qu’ils se sentent menacés par les phénomènes  de globalisation. Les récentes déclarations du patriarcat de Moscou  contre les catholiques de rite oriental ou celles de la Congrégation de  la doctrine sur la foi sur l’impossibilité pour les Eglises autres que  l’Eglise catholique romaine de s’identifier à l’Eglise du Christ  témoignent de cette vague de fond.</p>
<p>Débutant le 4 septembre par le lancement du festival off (films  œcuméniques, séminaires sur les processus de réconciliation, etc…), la  conférence officielle démarera le lendemain avec les discours  d’ouverture des deux présidents de la KEK et de la CCEE, le pasteur Jean  Arnold de Clermont (France) et le cardinal Peter Erdö (Hongrie). Tout  au long de la semaine un panel très diversifié de personnalités laïques  et réligieuses viendra défiler à Sibiu. Les délégués des Eglises  européennes plancheront pour commencer sur les questions d’unité et de  spiritualité avec la participation du cardinal Walter Kasper, (Conseil  pontifical pour l’unité des chrétiens), le métropolite Cyrille de  Smolensk, (relations extérieures du patriacat orthodoxe de Moscou), et  l’évêque Wolfgang Huber, (Conseil de l’Eglise évangélique allemande). Le  jeudi José Manuel Baroso, président de la Commission européenne,  viendra traiter des relations entre l’Europe, les religions et les  migrations aux côtés de Calin Popescu, le premier ministre roumain et de  René van der Linden, président de l’assemblée parlementaire du Conseil  de l’Europe. La dernière journée de débats, introduite par le professeur  Andrea Ricardi, fondateur de San Egidio, portera sur les questions de  Justice, de paix et de défense de l’environnement. L’assemblée devrait  approuver tout comme à Bâle en 1989 et à Graz en 1997 une déclaration  détaillant les engagements des Eglises sur tous ces sujets. Elle  disposera pour ce faire d’un document de base, la Charta oecumenica,  texte adopté par toutes les Eglises chrétiennes le 22 avril 2001 à  Strasbourg, et traduit depuis en une trentaine de langues.</p>
<p>Antoine Arjakovsky<br />
Directeur de l&#8217;Institut d&#8217;Etudes Œcuméniques</p>
<p><em>Relations inter-confessionnelles</em></p>
<li><a href="http://antoinearjakovsky.blogspirit.com/">http://antoinearjakovsky.blogspirit.com/</a></li>
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		</item>
		<item>
		<title>Entretien avec le Vénérable Colin Williams, secrétaire général de la Conférence des Eglises d’Europe (KEK), Genève, le 6 septembre 2006</title>
		<link>http://ucu.edu.ua/fr/chronicles/244/</link>
		<comments>http://ucu.edu.ua/fr/chronicles/244/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 19 Sep 2006 11:02:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Evénements]]></category>
		<category><![CDATA[Rassemblement œcuménique à Sibiu (2007)]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://ucu.edu.ua/fr/?p=244</guid>
		<description><![CDATA[par Antoine Arjakovsky, directeur de l’Institut  d’Etudes Oecuméniques de Lviv
pour le site www.orthodoxie.com
AA : Vous avez présenté devant le Comité Central du COE l’état de la  préparation de ... <a class="read-more" href="http://ucu.edu.ua/fr/chronicles/244/" title="Entretien avec le Vénérable Colin Williams, secrétaire général de la Conférence des Eglises d’Europe (KEK), Genève, le 6 septembre 2006"></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://ucu.edu.ua/fr/files/2010/05/ucu.edu_.ua_37.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-245" title="Entretien avec le Vénérable Colin Williams, secrétaire général de la Conférence des Eglises d’Europe (KEK), Genève, le 6 septembre 2006" src="http://ucu.edu.ua/fr/files/2010/05/ucu.edu_.ua_37-225x300.jpg" alt="Entretien avec le Vénérable Colin Williams, secrétaire général de la Conférence des Eglises d’Europe (KEK), Genève, le 6 septembre 2006" width="225" height="300" /></a>par Antoine Arjakovsky, directeur de l’Institut  d’Etudes Oecuméniques de Lviv<br />
pour le site www.orthodoxie.com</p>
<p>AA : Vous avez présenté devant le Comité Central du COE l’état de la  préparation de votre prochain Rassemblement oecuménique européen à Sibiu  en Roumanie du 4 au 9 septembre 2007 (http://www.eea3.org/), quels  seront les principaux thèmes de cette assemblée ? Allez-vous mettre  l’accent sur un oecuménisme de proximité ?</p>
<p>Colin Williams : Pour que le mouvement oecuménique fonctionne, il faut  que les gens se rencontrent. C’est l’un des principaux objectifs de  Sibiu. On peut comprendre l’expression d’oecuménisme de proximité comme  l’exigence de la rencontre face à face des chrétiens européens. Nous  espérons que pendant les cinq jours du rassemblement les 2100 délégués  pourront partager entre eux la bonne nouvelle et rencontrer des  chrétiens de traditions différentes.</p>
<p>AA : Il s’agira du premier rassemblement de la KEK  (http://www.cec-kek.org/ ) dans un pays à majorité orthodoxe.</p>
<p>CW : Nous avons déjà eu des rencontres en terre orthodoxe, mais après  Bâle et Graz, il s’agira du premier grand rassemblement de ce type dans  un pays orthodoxe. Et comme pour les deux premières rencontres cet  événement est organisé conjointement avec le CCEE, le Conseil des  Conférences Episcopales d\&#8217;Europe. La rencontre de Bâle en 1989 s’était  déroulé dans un contexte a majorité protestante. Celle de Graz en 1997  s’était passée dans un milieu à prédominance catholique. Il était normal  que le troisième rassemblement se passe dans un pays de tradition  orthodoxe. Mais je précise qu’il y a aussi en Roumanie de fortes  minorités réformées, luthériennes, et catholiques.</p>
<p>AA : Qu’attendez vous de ce rassemblement ? Souhaitez-vous impliquer  plus avant le peuple orthodoxe dans le mouvement oecuménique ?</p>
<p>CW : L’Eglise Orthodoxe est déjà bien engagée, et depuis les  commencements, dans le mouvement oecuménique. Pour ma part j’attends en  premier lieu que les personnes qui vont se rencontrer à Sibiu découvrent  que ce qui nous unit est bien plus grand que ce qui nous divise et que  nous pouvons travailler ensemble à dépasser ce qui nous sépare.  Deuxièmement j’attends et espère que, par le fait de cette assemblée  oecuménique européenne, les Eglises européennes s’engageront plus à être  au coeur de la construction européenne. J’espère que les Eglises  prendront encore plus confiance en elles-mêmes et seront encore mieux  persuadées qu’elles ont à partager leurs visions spécifiques sur ce qui  touche la vie des Européens, l’intégration européenne, la  mondialisation, les migrations. Nous avons, par la lumière de  l’Evangile, une contribution particulière à apporter à ces débats et à  ces enjeux. Troisièmement j’espère que ceux qui contribuent de façon  créative à la construction européenne aujourd’hui reconnaîtront le rôle  spécifique des Eglises dans ce processus au XXIe siècle. Il faut leur  permettre de retrouver de l’enthousiasme qui prévalait il y a quelques  décennies à l’égard du mouvement oecuménique. J’espère que cette  assemblée permettra de susciter un nouvel enthousiasme oecuménique.</p>
<p>AA : Comment la KEK s’est-elle positionnée par rapport au projet de  Constitution de l’Union Européenne ?</p>
<p>CW : La KEK a été associée au processus d’élaboration et de rédaction de  cette Constitution. Nous avons envoyé plusieurs contributions à la  Convention qui a proposé le projet de Traité Constitutionnel aux  instances européennes. Nous soutenons et continuons à soutenir ce  projet, en particulier au point I.52 du Traité lorsqu’il est question  que la Commission européenne s’engage à assurer un dialogue transparent,  plein et honnête avec les Eglises et les autres communautés religieuses  au sein de l’Europe. Nous regrettons que ce processus ne soit pas  réalisé par les forces légales. Mais nous nous réjouissons que le  président de la Commission M. Barroso ait mis en pratique ce que le  traité proposait, à savoir des rencontres régulières avec les  responsables des Eglises.</p>
<p>AA : La KEK a joué un rôle de réconciliation en Europe depuis sa  création. Pensez-vous qu’elle pourrait avoir un rôle spécifique de  réconciliation entre les communautés religieuses en Ukraine ?</p>
<p>CW : La KEK a toujours compris son rôle comme étant d’offrir un espace  pour les Eglises qui ont du mal à communiquer entre elles. Nous avons  une certaine expérience dans d’autres régions d’Europe pour permettre  aux Eglises voisines de se rencontrer et de partager leurs difficultés.  La KEK est un endroit sûr où les Eglises peuvent initier un dialogue  ouvert et tenter de dépasser leurs différends. L\&#8217;Eglise catholique ne  fait pas partie de la KEK, néanmoins nous avons une longue expérience de  collaboration avec le CCEE et nous sommes favorables à toute expérience  de réconciliation. Nous pouvons leur offrir des outils importants en  vue de la réconciliation. Je pense en particulier à la Charta  Oecumenica, que nous avons élaboré avec notre partenaire catholique. Ce  texte propose comme modèle d’unité celui de la relation intime du Christ  et de l’Eglise proposé par l’épître aux Ephésiens. Et nous chrétiens  pouvons redécouvrir sur ce modèle l’unité entre nous que le Christ nous a  déjà donné. Aussi nous attendons que ces textes soient désormais  offerts aux populations chrétiennes par leurs Eglises respectives.</p>
<p>AA : Si un projet réunissant orthodoxes et catholiques en Ukraine vous  était soumis vous pourriez donc vous y investir ?</p>
<p>CW : Sans aucun doute nous étudierions avec attention cette proposition.</p>
<p>AA : Vous être membre de l’Eglise Anglicane, et étiez avant de prendre  vos fonctions à la KEK archidiacre de Lancaster, dans le Nord Ouest de  l’Angleterre. Vous avez étudié la théologie à Oxford et avez travaillé  comme juriste. Pourriez-vous dire quelques mots sur votre engagement  personnel en faveur de l’unité des chrétiens ?</p>
<p>CW : Avant d’être nommé à ces responsabilités à la KEK en décembre 2005,  je servais le Conseil pour l’Unité Chrétienne de l’Eglise d’Angleterre.  J’ai participé activement à la Commission Meissen qui est une structure  qui facilite les relations oecuméniques très intenses que l’Eglise  d’Angleterre a instauré avec les Eglises protestantes en Allemagne.  J’avais donc déjà une expérience de l’oecuménisme en Europe. En  observant que le droit des Eglises à se prononcer sur les sujets  d’actualité en Europe était de moins en moins respecté, je me suis  convaincu que les Eglises doivent avoir une voix claire, forte et unie.</p>
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