Le cardinal Tarcisio Bertone a effectué une visite de quatre jours à Kiev et à Lviv.
ROME, Lundi 2 juin 2008 (ZENIT.org) – L’Ukraine serait un bon point de contact entre
l’orient et l’occident, estime le cardinal Tarcisio Bertone, qui vient d’effectuer
une visite de quatre jours dans ce pays.
Au cours de son voyage, qui a eu lieu du 23 au 26 mai, le secrétaire d’Etat a visité
les villes de Kiev et de Lviv. A Lviv, le cardinal Bertone a béatifié la soeur
polonaise Marta Maria Wiecka, morte du typhus à l’âge de trente ans pour avoir
choisi de remplacer un médecin qui devait désinfecter la cellule d’isolement d’une
malade (cf. ZENIT, 19 mai 2008).
L’Ukraine, « peut jouer un rôle important », être « un point de contact, un
carrefour, entre les cultures d’orient et d’occident », souligne le cardinal Bertone
dans un entretien à « L’Osservatore Romano », en citant Jean Paul II qui disait que
l’Eglise devait comme l’Europe, « respirer à deux poumons : l’orient et l’occident
».
Cette année, rappelle-t-il, l’Eglise fête le 1020ème anniversaire du Baptême de la
Russie, une évangélisation qui a commencé avec le baptême de la Russie de Kiev avant
de gagner l’orient et d’y planter « la base des racines chrétiennes, cet humus
d’unité entre les peuples d’orient et d’occident. Ces racines chrétiennes ont été
reprises, réaffirmées non seulement au niveau de la hiérarchie des différentes
Eglises, mais également au niveau et dans la conscience de cette identité qui est
propre à l’Ukraine ».
L’Eglise qui est en Ukraine est « une Eglise vivante », « enthousiaste même »,
affirme le cardinal, et constitue un « souffle vital d’unité » aussi bien chez les
catholiques que chez les orthodoxes.
C’est pourquoi le dialogue oecuménique doit être encouragé. Le cardinal Bertone
estime que « déployer des efforts qui favorisent l’unité, créer une plateforme
fondée sur d’unité, et poursuivre des objectifs communs, sur une base de foi
commune, constitue un préalable indispensable pour une nouvelle évangélisation et
renforcer l’efficacité du témoignage de toutes les Eglises, de toutes les
confessions chrétiennes. Unis dans la différence, mais unis dans la même foi en
Jésus Christ ».
« Tous ont parlé de la nécessité d’actions concrètes communes, rapporte le
secrétaire d’Etat. Malgré les difficultés qui persistent, des pas positifs de
dialogue interconfessionnels ont été faits, révélant une convergence de vues sur
plusieurs thèmes », en particulier celui de la formation.
Dans ce domaine, le cardinal Bertone souligne que les autorités gouvernementales
d’Ukraine reconnaissent l’apport de l’Eglise, par exemple, avec l’université
catholique de Lviv et l’Institut supérieur d’Etudes religieuses Saint Thomas de
Kiev, « fréquenté par beaucoup de jeunes catholiques mais aussi par des non croyants
».
Selon le secrétaire d’Etat, c’est le manque de connaissance réciproque entre les
catholiques d’Ukraine et les catholiques d’Europe occidentale qui constitue un «
réel problème » dans le monde d’aujourd’hui.
Aussi exhorte-t-il à une meilleure connaissance de l’histoire du pays, où le peuple
est probablement celui qui, par rapport aux autres pays, « est resté le plus fidèle
aux valeurs chrétiennes ». Un peuple, ajoute-il qui « arrive aux portes de l’Europe
avec toute sa dignité et des valeurs dont nous devons tous mesurer la portée ».
Si d’un côté il nous faut évoquer le souvenir de tant de martyrs de la foi en
Ukraine, victimes « des tentatives d’anéantissement mis en oeuvre dans le pays
contre les Eglises », de l’autre il nous faut « raviver la mémoire de ce qui se
passe aujourd’hui car, si hier la persécution était une persécution ouverte,
aujourd’hui l’attaque est plus subtile : elle passe par l’indifférentisme et la
consommation », estime-t-il.
« L’empire communiste est tombé mais d’autres problèmes sont un défi pour la foi.
Des problèmes qui exigent du courage et, probablement aussi, davantage d’efforts
pour témoigner de la foi chrétienne, et faire l’expérience d’une vraie vie
chrétienne ».
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