Monsieur le Ministre, Nous avons l’honneur d’attirer votre attention sur différents écrits négationnistes et révisionnistes de Mme Annie Lacroix-Riz, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paris VII, niant la responsabilité génocidaire de Staline dans la grande famine de 1932-33 en Ukraine, ce qui a soulevé une vive émotion en Ukraine.
Monsieur le Ministre de l’éducation nationale,
de l’enseignement supérieur et de la recherche Cabinet
110 rue de Grenelle
75357 Paris SP 07
Lviv, le 10 décembre 2005.
Monsieur le Ministre,
Nous avons l’honneur d’attirer votre attention sur différents écrits négationnistes et révisionnistes de Mme Annie Lacroix-Riz, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paris VII, qui ont soulevé une vive émotion en Ukraine.
Nous vous précisons qu’il ne s’agit en aucune manière de porter atteinte à la liberté d’expression à laquelle a droit Mme Lacroix-Riz mais de s’opposer à ses articles niant la responsabilité génocidaire de Staline dans la grande famine de 1932-33 en Ukraine.
(http://perso.wanadoo.fr)
Qu’il nous soit permis de rappeler que l’Ukraine a lancé une campagne internationale visant à la reconnaissance par les Etats membres des Nations Unis de la Grande Famine (HOLODOMOR) comme acte de génocide, peu après l’avoir elle-même qualifiée comme telle dans la « déclaration au peuple ukrainien » adoptée par le Parlement ukrainien le 16 mai 2003.
Dans le cadre des travaux de l’assemblée générale de l’ONU, cette campagne a notamment abouti à la présentation par l’Ukraine, d’une déclaration «sur le 70ème anniversaire de la Grande Famine de 1932-33 en Ukraine » appelant à se souvenir de cette tragédie décidée et mise en oeuvre par le pouvoir soviétique à l’encontre de 7 millions d’ukrainiens. Plusieurs Etats, dont la Russie, se sont associés à cette déclaration. Notons que l’Union Européenne, dont la France fait partie en tant que membre fondateur, a également salué ce texte.
Au vu de ce qui précède, il est regrettable que la France, berceau des Droits de l’Homme, permette à des personnes soumises à des idéologies totalitaires de piétiner le devoir de mémoire auquel ont droit les victimes de la Grande Famine de 1932-33.
Par ailleurs, s’agissant des écrits de Mme Annie Lacroix-Riz portant sur l’Eglise catholique et tendant à assimiler les catholiques ukrainiens à des collaborateurs des nazis, ils sont sinistrement grotesques et ne méritent même pas une contre argumentation.
Ne sait elle pas que selon la très respectable institution YAD VASHEM, l’Ukraine est la quatrième Nation en nombre de Justes ?
Compte tenu de la rigueur intellectuelle qui vous caractérise et a toujours ordonné votre action, nous sollicitons auprès de vous, Monsieur le Ministre, les éclaircissements que cette affaire pénible requière.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos sentiments respectueux.
Antoine Arjakovsky,
directeur de l’Institut d’Etudes Oecuméniques et professeur à l’Université Catholique d’Ukraine
Michel Dymyd,
directeur de l’Institut de Droit Canonique et professeur à l’Université Catholique d’Ukraine
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