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« La communion eucharistique, un défi à la tradition et à la modernité dans les Eglises traditionnelles »: Appel aux théologiens des Eglises de tradition Kiévienne

8 May 2007 | Relations inter-confessionnelles,

« La communion eucharistique, un défi à la tradition et à la modernité dans les Eglises traditionnelles »: Appel aux théologiens des Eglises de tradition KiévienneConclusions et propositions du Congrès des théologiens de l’Eglise Gréco-Catholique d’Ukraine, convoqué par la Société Scientifique de Théologie d’Ukraine.

LETTRE OUVERTE
Appel aux théologiens des Eglises de tradition Kiévienne

Congrès des théologiens de l’Eglise Gréco-Catholique d’Ukraine, rassemblés sur le thème « La communion eucharistique, un défi à la tradition et à la modernité dans les Eglises traditionnelles » congrès convoqué par la Société Scientifique de Théologie d’Ukraine et qui s’est tenu du 2 au 4 janvier 2007 A. D.
Lviv, le 4 janvier 2007 A. D.

Nous, participants au Congrès des Théologiens de l’Eglise Gréco-Catholique d’Ukraine, rassemblés sur le thème « La communion eucharistque, un défi à la tradition et à la modernité dans les Eglises traditionnelles » congrès convoqué par la Société Scientifique de Théologie d’Ukraine et qui s’est tenu du 2 au 4 janvier 2007 A. D., voudrions partager dans la joie, les fruits de nos recherches présentées en détail dans le document intitulé « Conclusions et propositions du Congrès ». L’occasion nous est donnée de vous inviter à commencer un travail théologique en commun : par des rencontres à différents niveaux – formelles ou informelles – afin de procéder à un échange d’idées et de discussions sur la question de la communion eucharistique entre les Eglises d’Ukraine issues du Baptême de Saint Vladimir. Notre appel découle de la prise de conscience de nos Eglises sur leur héritage théologique et liturgique commun, qu’il soit aussi bien historique que culturel, nous incitant à une croissance commune dans une communication sincère et ouverte. Un tel dialogue théologique peut devenir une étape préparatoire à la convocation d’un Congrès interconfessionnel des théologiens de toute l’Eglise Kiévienne, une en Dieu, mais humainement divisée.

Avec amour fraternel,

Au nom des participants au Congrès,

Lviv, le 4 janvier 2007 A.D.

Proto presbytre, Dr. Mykhaylo DYMYD,
Président de la Société Scientifique de Théologie d’Ukraine

CONCLUSIONS ET PROPOSITIONS

Congrès des théologiens de l’Eglise Gréco-Catholique d’Ukraine, rassemblés sur le thème « La communion eucharistique, un défi à la tradition et à la modernité dans les Eglises traditionnelles » congrès convoqué par la Société Scientifique de Théologie d’Ukraine et qui s’est tenu du 2 au 4 janvier 2007 A. D.

Après avoir étudié un sujet important pour la vie de l’Eglise du Christ qui est la communion eucharistique du point de vue de la situation de la séparation confessionnelle des Eglises d’Ukraine baptisées par St Vladimir le Grand, le Congrès des théologiens de l’Eglise Gréco-Catholique d’Ukraine présente ses conclusions et ses propositions sur la possibilité d’un rétablissement de la communion eucharistique entre les Eglises d’Ukraine baptisées par St Vladimir le Grand.

1. ASPECT HISTORIQUE

1.1. L’identité et le destin historique de l’Eglise du Christ en Ukraine sont déterminés par l’acceptation par le prince Vladimir le Grand, en 988, du christianisme selon le rite oriental (byzantin), comme religion d’Etat de la Rus’ Kiévienne et la formation d’une structure hiérarchique unique pour tous les slaves orientaux, à savoir la métropole de Kiev. Faisant partie du patriarcat de Constantinople et puisant ses sources théologiques, liturgiques, canoniques et spirituelles dans l’Orient byzantin, l’Eglise de Kiev était alors en pleine communion avec l’Occident latin. Au cours des siècles suivant, elle restait ouverte aux relations avec ses voisins occidentaux et n’intervenait que rarement dans l’opposition directe, entre Constantinople et Rome, appelée par la suite « le Grand schisme ecclésial ».

1.2. Après la perte par l’Etat ukrainien de son indépendance et l’expansion sur les terres ukrainiennes du pouvoir des Etats catholiques voisins et des structures ecclésiales latines, la hiérarchie de la Rus’ Kiévienne a souvent initié ou soutenu d’une façon active les efforts dirigés vers le rétablissement de l’unité chrétienne universelle. Les envoyés de la Rus’ ont participé aux conciles de l’Eglise Occidentale à Lyon (1245) et de Constance (1418) ; les terres ukrainiennes ont positivement accepté l’union de Florence (1439), dont l’un des créateurs fut le métropolite Isidore de Kiev ; ses successeurs, Hryhoriy, Mysaïl et Yosyf Bolharynovych, ont soutenu des rapports avec le Siège Apostolique de Rome.

1.3. A la fin du XVIe les évêques de la métropole de Kiev, désirant faire sortir l’Eglise d’une grave crise intérieure et réagissant aux grands défis de la Réforme protestante et du catholicisme post-tridentin, dans l’Etat de Pologne et de Lituanie, ont pris une décision conciliaire afin de passer sous la juridiction du Siège de Rome, tout en gardant le rite oriental traditionnel, ainsi que son identité ecclésiale, ethnique et culturelle. Les Pères de l’union de Brest (1596) ont alors désiré rétablir la communion avec l’Occident latin sans rompre les liaisons avec le reste de l’Orient chrétien, espérant ainsi encourager, de cette manière, à s’unir « ceux qui hésitaient encore». Même les désaccords au sein de l’Eglise Kiévienne, provoqués par différentes compréhensions de l’union avec Rome, n’excluaient pas la recherche des voies de « l’union de la Rus’ avec la Rus s), autour de l’idée de la création d’un patriarcat de Kiev unique et de sa « double communion » avec les autres patriarcats d’Orient et d’Occident, désirée par les grands métropolites Petro Mohyla et Yosyf Velyamyn Rutskyy et à laquelle les chefs de l’Eglise Gréco-Catholique d’Ukraine ont maintes fois fait références au cours du XXe siècle.

1.4. Cependant, la semence de cet accord chrétien n’a pas porté les fruits désirés ; sur le sol, des anciennes oppositions politiques et des préjugés religieux persistaients menant les structures ecclésiales à une séparation de plus en plus nette et à une compréhension exclusiviste, à la déformation de l’héritage liturgique rituel, à dess « conversions » et des « unions » forcées. Pourtant tous ces phénomènes négatifs ne peuvent pas nous faire nier le commandement du Christ à l’unité, consacrée par le sang des martyrs, ni extirper de la conscience des chrétiens ukrainiens la mémoire historique de l’appartenance à l’unique tradition ecclésiale locale en nous appelant aujourd’hui, dans notre Etat ukrainien indépendant et partout dans le monde où se trouvent nos fidèles, à chercher les voies pratiques du rétablissement de cette communion perdue.

C’est pourquoi nous proposons de :

1.5. Contribuer à une étude minutieuse du passé et à la divulgation des connaissances scientifiques de l’héritage historique de l’Eglise Kiévienne, en soutenant le sentiment d’une appartenance commune et d’une responsabilité réciproque de son avenir.

1.6. Repenser les anciennes initiatives d’union et étudier plus profondément : l’expérience dramatique du martyre pour « la paix du monde entier », souffrance commune pour le Christ, et l’expérience particulière de la communauté dans la foi en réfléchissant aux exemples d’union eucharistique réalisée dans les circonstances de violence totalitaire sur la liberté de conscience.

1.7. Développer de façon intense les liaisons institutionnelles et les contacts personnels entre tous les héritiers du Baptême de St Vladimir et contribuer à leur ouverture aux relations avec d’autres centres, communautés et fidèles de la chrétienté universelle, ayant pour objectif « l’union de tous » dans un Corps unique et autour d’un Calice unique.

2. ASPECT DOGMATIQUE

2.1. En face des défis d’aujourd’hui tels que : la globalisation, la sécularisation, la civilisation de consommation, l’idéologie hédoniste et autres, nous reconnaissons notre responsabilité sur le témoignage de l’Evangile du Christ au monde actuel. La pierre angulaire de ce témoignage commun est la pleine unité visible de toute l’Eglise du Christ.

2.2. En reconnaissant l’unité fondamentale de la foi comme prémisse principale à la communion eucharistique, nous nous opposons à tout relativisme, indifférence ou compromis de doctrine. Pourtant, nous affirmons que, malgré certaines divergences de positions des théologiens existant entre les Eglises Orthodoxe et Catholique (et surtout entre l’Eglise Gréco-Catholique d’Ukraine et ses sœurs orthodoxes en Ukraine, l’Eglise Orthodoxe d’Ukraine, l’Eglise Orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Kiev et l’Eglise Orthodoxe Autocéphale d’Ukraine), il existe entre elles une unité de foi fondamentale qui a rendu possible une communion eucharistique partielle (au niveau de certains fidèles) entre nos Eglises, prévue et recommandée par le Concile Vatican II (Orientalium Ecclesiarum, 26-27, Unitatis Redintegratio, 15). A la lecture de ce qui précède, nous trouvons important de reconnaître, avant tout que la question de la communion eucharistique entre les Eglises de la Tradition kiévienne est d’ordre plutôt disciplinaire et canonique que dogmatique.

2.3. Pour que cette conviction de l’unité de la foi devienne évidente, les théologiens doivent étudier plus profondément et repenser la différence entre la foi de l’Eglise et l’interprétation théologique de cette foi, en précisant que l’unité de la foi peut exister en présence de différentes expressions théologiques, comme il en était dans toute l’Eglise, à l’époque de la formulation des dogmes chrétiens principaux, par les Conciles œcuméniques ou entre l’Eglise Orientale byzantine et l’Eglise Occidentale latine au premier millénaire.

2.4. Nous sommes contre l’utilisation de l’Eucharistie comme instrument de premier pas dans les initiatives œcuméniques, mais nous sommes convaincus que, comme l’estiment nos évêques, l’Eucharistie célébrée de la même façon dans les Eglises Orthodoxes comme dans les Eglises Catholiques, « à travers laquelle l’unité s’exprime et se réalise » (UR 2), est l’acte qui unit le plus nos Eglises. Cela exige des témoignages plus concrets dans nos relations entres Eglises, c’est pourquoi « pour tendre à l’unité entre nos Eglises Orientales divisées » (UR 26), nous voudrions contribuer à la diffusion de la communion existante, conformément aux préceptes du Concile Vatican II (UR 26).

2.5. Il faut remarquer que la diffusion de la communion eucharistique entre nos Eglises, pendant cette période de transition, ne viole l’identité ecclésiale d’aucune d’entres d’elles, n’exige aucune fusion structurale ni juridictionnelle des Eglises ni même encore la création d’une troisième structure ecclésiale. C’est la communion eucharistique qui montrera et qui tracera le chemin, ultérieurement, vers la pleine communion.

2.6. Nous voudrions souligner que, la communauté de foi de nos Eglises est basée sur une expérience commune de la vénération de Dieu et de la vie spirituelle, pour lesquelles l’Eglise Kiévienne était unie avant ces divisions et le demeure maintenant malgré les divisions causées par le pêché des hommes et la conjoncture politique.

2.7. Nous sommes conscients que la communion eucharistique n’est pas une question qui puisse être résolue unilatéralement mais nous voulons attester par nos réflexions, notre compréhension de notre état actuel et notre vision, du chemin ultérieur. Notre désir ardent est de prendre ensemble ce chemin àl’avenir.

2.8. Nous soutenons et reconnaissons comme étant la base commune à l’unité de nos Eglises la profession de foi de l’archevêque Elias Zoghbi adoptée à l’assemblée du Saint Synode de l’Eglise Grecque Catholique Melchite (20 juillet – 4 août 1995) :
1. « Je crois en tout ce que l’orthodoxie orientale nous enseigne.
2. Je suis en communion avec l’évêque de Rome comme étant le premier des évêques dans le cadre reconnu par les Saints Pères Orientaux au premier millénaire, avant la division ».
Bien que, comme les évêques catholiques et orthodoxes l’on remarqué à juste titre, cette profession puisse avoir des interprétations ambiguës et devant donc être complétée et précisée, elle indique la direction dans laquelle il faut chercher le point de rencontre de la juste foi orthodoxe et du service authentique de Pierre, dans l’Eglise.

2.9. Nous, théologiens de l’EGCU, exprimons notre aspiration à travailler afin de faire revenir notre Eglise aux origines de sa tradition, dans le domaine théologique, spirituel, liturgique, canonique et autres, là où cette tradition a été partiellement perdue. Nous sommes d’accord pour reconnaître les erreurs du passé et les pertes causées par diverses circonstances culturelles et historiques (notamment par la soi-disant latinisation) et déclarons notre ouverture aux remarques réciproques constructives pouvant nous aider à faire renaître et à repenser notre héritage commun.

2.10. L’Eucharistie est le cœur de l’Eglise, c’est pourquoi nous comprenons qu’un pas aussi important que le rétablissement de la communion eucharistique touchera pratiquement toutes les dimensions de la vie ecclésiale, le succès de cette entreprise dépendra de la préparation préalable de tout le peuple de Dieu.

3. ASPECT LITURGIQUE

3.1. La tradition liturgique de l’Eglise montre de différentes manières que l’Eucharistie n’est pas que le signe de l’unité accomplie, mais qu’elle est aussi le signe effectif qui consolide cette unité lorsqu’elle n’est pas complètement parfaite.

3.2. La raison de cette compréhension de l’Eucharistie est le fait indéniable qu’en communiant au Corps d’un Christ unique, nous formons un corps unique avec le Christ, ainsi qu’avec tous ceux qui se nourrissent du même Corps. Comme le disait Saint Paul, lorsqu’il nous enseignait que : « Puisqu’il y a un seul pain, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps ; car nous participons tous à un même pain» (1 Cor 10, 17). Nous retrouvons la prière pour l’unité de ceux qui communient presque dans chaque anaphore. Dans l’anaphore de St Basile le Grand nous demandons « Et nous tous qui participons au même pain et au même calice, fais que nous soyons unis les uns aux autres, dans la communion de l’unique Esprit Saint ».

3.3. Il existe une marge entre l’idéal divin et la réalité humaine, non seulement en ce qui concerne l’unité de l’Eglise, mais aussi dans sa sainteté. La liturgie nous apprend qu’on ne peut donner l’Eucharistie qu’aux saints : Soyons attentifs « les Saints Dons aux saints ! » et paradoxalement elle nous apprend à reconnaître, avant l’Eucharistie, le fait que nous sommes pécheurs, non pas pour que nous négligions le besoin d’être saint, mais pour que nous nous persuadions que la sainteté ne vient pas de nous, mais du Christ et qu’elle nous est offerte dans l’Eucharistie (« Seul saint … Jésus Christ ») si nous reconnaissons que nous en manquons.

3.4. Lorsque l’unité entre chrétiens n’est pas parfaite, ce fait ne doit pas être une entrave à leur communion eucharistique s’ils aspirent à cette unité et s’ils sont prêts à reconnaître ce qui, chez eux, est devenu un obstacle à l’unité pour leurs frères dans la foi. Dans la Communion du Corps du Christ, notre unité et notre sainteté deviennent parfaites, car la sainteté du Christ et l’unité du Corps du Christ nous sont offertes. Pourtant la tradition liturgique eucharistique affirme souvent que nous sommes indignes de la célébration eucharistique et de recevoir l’Eucharistie. Mais en même temps, elle nous donne l’espoir de l’aide du Saint Esprit dans la célébration de l’Eucharistie.

3.5. La structure de la Liturgie qui prévoit que l’on doit prononcer le symbole de la Foi avant l’anaphore, montre que la foi commune est nécessaire à la célébration de l’Eucharistie. Elle montre en même temps que le Symbole de Nicée-Constantinople est une expression suffisante de cette communauté de foi.

3.6. Un des exemples les plus manifestes du besoin de réexaminer l’interdiction canonique de la communion eucharistique entre gréco-catholiques et orthodoxes est la pratique de célébrer le mariage entre fiancés appartenant à des confessions différentes : d’une part, le sacrement du mariage les unit en Christ en un seul corps et d’autre part, les sépare par l’absence d’une communion eucharistique entre les Eglises avec lesquelles ils forment un seul corps.

3.7. L’Eglise Gréco-Catholique d’Ukraine a spécialement besoin que tout le clergé prête une attention toute particulière aux principales questions relatives à sa pratique liturgique : d’une part, il existe le besoin d’une discipline liturgique pour l’uniformité du rite, et d’autre part, le besoin d’une compréhension plus profonde de son appartenance à la Tradition kiévienne, ce qui encourage à éliminer, dans sa pratique liturgique, les emprunts inadéquats.

3.8. Un pas important dans le rapprochement de la communion eucharistique entre gréco-catholiques et orthodoxes de tradition kiévienne, est la pratique existante d’offices communs en diverses circonstances qui unissent les fidèles de ces Eglises : la célébration ensemble des offices pour les morts, les acathistes, les bénédictions, la consécration de l’eau du Jourdain, les mariages, les obsèques, la présentation du Saint Suaire, l’organisation de pèlerinages en commun etc …

Nous pensons que pour favoriser le rapprochement de la pleine communion eucharistique entre Eglises de la Tradition kiévienne, il faut continuer à développer cette pratique d’offices communs et charger nos prêtres à encourager leurs fidèles à mener une vie eucharistique plus consciente qui soit non seulement en union avec le Christ mais aussi en compréhension de l’unité chrétienne et de la responsabilité pour les personnes qui communient avec nous (qu’elles appartiennent à nos communautés ou qu’elles soient en dehors de celles-ci).

4. ASPECT CANONIQUE

4.1. Nous sommes rassurés par le fait que, pendant une certaine période (allant du 16 décembre 1969 au 29 juin 1986), les interdictions de l’hospitalité eucharistique dans les cadres définis par le Concile Vatican II avaient été levées entre l’Eglise Orthodoxe Russe et l’Eglise Catholique romaine. Le métropolite Nicodème, qui était responsable du service des relations ecclésiales extérieures du patriarcat de Moscou, l’avait expliqué par le fait que « l’Eglise Orthodoxe et l’Eglise Catholique ont les mêmes doctrines au niveau des Saints Sacrements et reconnaissent mutuellement les Sacrements qui y sont célébrés ». Cette décision n’a pas été révoquée par la suite mais il a été seulement décidé de « surseoir à son application » car « cette pratique ne s’est pas développée » et a été exprimé le désir de coordonner cette décision avec les autres Eglises Orthodoxes.

4.2. Ces faits témoignent, une fois de plus, que la rupture de l’hospitalité eucharistique entre Eglises Orthodoxes et Catholiques, a plutôt un caractère disciplinaire et canonique que dogmatique. Cela nous rend optimiste quant à l’action de l’Esprit Saint qui éclairera nos Eglises et indiquera le moment venu où l’on pourra de nouveau rétablir l’hospitalité eucharistique entre elles. Cette pratique, en tant qu’exception, existe déjà entre l’Eglise Gréco-Catholique d’Ukraine, l’Eglise Orthodoxe Autocéphale d’Ukraine et l’Eglise Orthodoxe d’Ukraine du patriarcat de Kiev, ce qui donne l’espoir que l’hospitalité eucharistique de l’Eglise Orthodoxe d’Ukraine sera de nouveau rétablie pour tous les membres des Eglises issues du Baptême de la Rus’ de Kiev.

4.3. Les Eglises Orientales, en communion avec Rome, doivent dans ce même esprit, comprendre le besoin de repenser ou de compléter le canon 702 du Code du Droit Canon des Eglises Orientales pour permettre, dans des cas justifiés, de co-célébrer avec des presbytres orthodoxes, après avoir reçu préalablement la bénédiction des évêques du lieu et ayant éliminé les malentendus éventuels entre fidèles. Ce changement se base, sur le fait qu’envers les Eglises Catholiques « tous les prêtres ou ministres non-catholiques » n’ont pas le même statut : ce sont les orthodoxes qui sont les plus proches des catholiques orientaux dans beaucoup d’aspects de la tradition ecclésiale. Cette décision permettrait aux Eglises Catholiques Orientales, qui sont en communion avec Rome depuis des siècles, de vivre selon les principes de l’ecclésiologie orientale.

4.4. Cette question exige, à son tour, de réexaminer toute une série d’autres dispositions disciplinaires et canons concernant les autres Sacrements. La question actuelle est de savoir si oui ou non, du point de vue théologique, on peut vraiment appeler mariages mixtes les mariages entre gréco-catholiques et orthodoxes, et si non, quelle en sera la conséquence pour les canons correspondants du Droit Canon des Eglises Orientales.

5. ASPECT PASTORAL

5.1. Un des efforts de préparation nécessaire pour la communion eucharistique entre les communautés ecclésiales divisées est la création de possibilités de se connaître petit à petit les unes avec les autres et de se rapprocher les unes des autres. Pour atteindre ce but il faut réaliser et introduire dans la pratique divers programmes pastoraux, caritatifs et sociaux à travers lesquels les communautés pourront apporter ensemble au monde un témoignage commun de leur foi en créant entre elles « l’Eucharistie de la vie » ou « la communion de la vie ». Comme exemple on peut citer :

- les œuvres de charité (telles que les communautés interconfessionnelles « Foi et lumière »)
- le travail pastoral commun avec les couples mixtes
- l’incitation à la prise de conscience de la dignité de la vie humaine (par exemple « le Mouvement pour la vie »).
La participation commune dans ces programmes donnera la possibilité, non seulement aux ecclésiastiques, mais aussi aux fidèles des communautés divisées, de créer en réalité et de consolider une base spirituelle à la communion eucharistique.

5.2. Nous encourageons les habitants des localités dans lesquelles une situation conflictuelle entre gréco-catholiques et orthodoxes, au sujet de la restitution d’une église par exemple, se sont rétablies et où règne la réconciliation et la compréhension, de confirmer cela par un acte de demande de repentance et de pardon réciproque, afin que d’autres communautés où cette réconciliation n’est pas encore effective, voient qu’il est quand même possible de vaincre l’hostilité afin d’apporter, en commun, un témoignage du Christ.

6. ASPECT ŒCUMENIQUE

6.1. Pour arriver à la pleine communion eucharistique, il faut y aller par deux chemins qui ne se contredisent pas, le chemin théologique et le chemin liturgique.

6.2. Nous proposons de mettre en place des réunions communes entre théologiens de l’Eglise Gréco-Catholique d’Ukraine et théologiens des Eglises Orthodoxes d’Ukraine, d’organiser aussi des colloques et des cessions de travail pour connaître la foi commune et les points de vue des divergences théologiques, ainsi que pour assimiler sur le territoire des Eglises d’Ukraine, les acquis théoriques des Commissions théologiques mixtes et l’expérience pratique du rapprochement de la pleine communion de certaines Eglises, comme l’Eglise Grecque Catholique Melchite et l’Eglise Grecque Orthodoxe du patriarcat d’Antioche.

6.3. Nous pensons que le moment propice pour ces réunions sera la première semaine du Grand Carême, c’est un temps où les thèmes du repentir, du pardon réciproque dominent et qui se termine par une célébration de l’Orthodoxie. Pendant ces rencontres, nous proposons de célébrer des liturgies alternatives et, avec la bénédiction des évêques pour un fait de telle exception et après la reconnaissance de la foi commune, de faire en sorte que tout le monde puisse communier (pendant la Liturgie de Saint Jean Chrysostome ou de Saint Basile le Grand). Nous proposons également que les prêtres puissent concélébrer durant la liturgie des Dons Présanctifiés. De telle sorte la réalité de notre unité dans l’Eucharistie, bien qu’exceptionnelle, témoignerait qu’il existe déjà une base théologique de cette pleine unité visible à laquelle nous aspirons.

7. PROPOSITIONS ADRESSEES AU SYNODE DES EVEQUES DE L’EGCU

Tenant compte du désir réciproque de la communion entre les Eglises de la Tradition kiévienne, nous proposons au Synode des évêques de l’EGCU, l’étude des décisions suivantes :
1. Dans le but d’approfondir la conscience eucharistique dans l’EGCU, de convoquer un Concile patriarcal consacré au sujet de la communion eucharistique, pour que non seulement les théologiens mais aussi toute l’Eglise (les laïques, les moines et les prêtres, avec leurs évêques) puissent en sortir grandis, afin de comprendre les besoins du rétablissement de la communion ecclésiale entre les branches divisées du christianisme kiévien.
2. Donner la bénédiction sur la création de groupes de travail de théologiens de l’EGCU pour la conciliation de la position de notre Eglise à propos des questions épineuses du dialogue théologique, dans le but d’une discussion plus large de ces questions, par le dialogue théologique entre les Eglises d’Ukraine (Gréco-Catholique et Orthodoxes).
3. Donner la bénédiction aux théologiens de l’EGCU (de la Société Scientifique de Théologie d’Ukraine, de l’UCU et autres établissements d’enseignement spirituel), afin de commencer un travail actif pour la préparation d’un congrès interconfessionnel ukrainien de théologiens des Eglises traditionnelles issues du baptême de St Vladimir afin de discuter sur l’idée d’un rétablissement de la communion eucharistique.
4. Dans le but d’un développement de la pratique liturgique selon la tradition kiévienne, de réexaminer la décision du Synode des évêques de l’EGCU de 1992 sur la confirmation des décisions liturgiques prises par le Synode de Zamost et de charger d’éditer les livres liturgiques officiels orientés sur notre appartenance à la Tradition kiévienne.
5. Attirer l’attention des différents responsables chargés des études, des théologiens, des presbytres, des enseignants du catéchisme et des fidèles sur un besoin de formation à la piété eucharistique éclairée par la nécessité de la communion et de l’unité des Eglises.
6. Introduire dans la Divine Liturgie la demande de la communion eucharistique en soutenant l’initiative de l’évêque Volodymyr Viytyshyn de l’éparchiebn d’Ivano-Frankivsk.

De la part des participants au Congrès

Protopresbytre Dr. Mykhaylo DYMYD,

Président de la Société Scientifique de Théologie d’Ukraine

Lviv, le 4 janvier 2007

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