«L’Église gréco-catholique a certes besoin de beaucoup de nouveaux prêtres, mais elle a avant tout besoin de prêtres bien formés» affirme le Père Bohdan Prach, Recteur du séminaire du Saint-Esprit de Lviv en Ukraine Occidentale.
«La formation de jeunes prêtres est d’une importance cruciale. Ceci demande du temps, beaucoup de temps même» précise le jeune recteur de 46 ans. Auparavant, il enseignait l’histoire de l’Eglise à l’Université Catholique de cette même ville. Il ajoute : «L’Église gréco-catholique a certes besoin de beaucoup de nouveaux prêtres, mais elle a avant tout besoin de prêtres bien formés». C’est une tâche que l’Aide à l’Église en Détresse (AED) soutient depuis des années. Ainsi, grâce à l’aide de nombreux bienfaiteurs, l’AED a pu apporter une contribution majeure à la construction du nouveau séminaire, inauguré en 2005.
Actuellement, le séminaire compte 220 jeunes hommes. Cependant, selon le Recteur, pour les préparer pleinement à exercer leurs fonctions sacerdotales, il leur faudra des années d’études intensives ainsi qu’une formation pratique tenant compte des conditions de vie de la population. Tous ne deviendront pas prêtres au bout du compte. Le Père Bohdan Prach explique qu’«en Ukraine, l’Église se voit confrontée à d’immenses défis pastoraux et sociaux». Elle a besoin de prêtres solidement ancrés dans la foi qui, en même temps, ont les pieds sur terre. Une opinion que partage Mgr Yaroslav Pryriz, évêque auxiliaire du diocèse (éparchie) de Sambir-Drohobych, situé en Ukraine occidentale. Son diocèse dispose d’un séminaire beaucoup plus petit, mais offre à ses futurs prêtres une formation non moins ambitieuse et rigoureuse.
Après des années de persécution sous l’ère soviétique, l’Église gréco-catholique d’Ukraine se trouve face à un nouveau départ. Comme tous les autres séminaires ukrainiens, celui de Lviv a été dissout brutalement en 1945 quand l’Ukraine fut annexée par l’Empire Soviétique. S’ensuivit une époque de persécution : les séminaristes furent envoyés au sein de l’Armée rouge pour effectuer leur service militaire, et l’Eglise gréco-catholique d’Ukraine, de rite byzantin mais unie à Rome, fut contrainte à rentrer dans la clandestinité.
«Durant cette période, notre tradition orientale catholique a été interrompue, la majorité des fidèles étant obligée de rejoindre l’Église orthodoxe russe» raconte le Père Prach. Aujourd’hui, l’Église gréco-catholique veut faire revivre son riche patrimoine spirituel et liturgique. En même temps, le prêtre considère que l’Église a l’obligation de trouver des réponses pour remédier à la misère sociale qui a suivi l’effondrement de l’Union soviétique. Ainsi, au cours de leur formation, les séminaristes font entre autres un stage pratique dans le domaine de l’éducation et de l’action sociale. «Ils sont alors confrontés à des problèmes qu’ils retrouveront plus tard dans leur vie quotidienne de pasteur : le chômage, le manque de perspectives, l’alcoolisme, les familles décomposées, etc.» explique le Recteur.
L’évêque auxiliaire, Mgr Pryriz, adhère à ces propos. Ce prélat âgé de 43 ans est convaincu que l’Église gréco-catholique a un rôle spécial à jouer dans la réconciliation entre les différentes confessions chrétiennes. «Je considère que notre Eglise vit des deux poumons de l’Eglise : en communion avec le Pape, et enracinée dans une tradition orientale. A ce titre, nous voulons contribuer à réconcilier le catholicisme et l’orthodoxie.»
Source : Aide à l’Eglise en Détresse,
Laurent Stemler
Chef du Service Information
AED France
e-mail : info@aed-france.org
Sur la photo : un séminariste gréco-catholique de Lviv avec des enfants lors d’un pèlerinage
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